« Effroyable cérémonie des César », selon Alain Finkielkraut– La revue de presse de David Abiker

« Faut-il purifier la culture ? » : la question est en une du journal le UN, une question qui tombe à pic après une cérémonie des César qui continue à faire des vagues dans vos journaux.

 

Françoise Vergès veut « décoloniser les arts »

On lira le Un pour comprendre la nature de la censure qui a saisi les arts et notamment le texte de l’historien d’art Thomas Schlesser « Jadis c’était plutôt l’Etat et l’Eglise qui exerçaient une censure. Depuis le début des années 70, elle vient de fractions de la société civile qui se sentent offensées par les œuvres d’art ». Et c’est un débat passionnant qu’organise le Un dans ses colonnes et que poursuit Laurent Greisalmmer « Jadis les choses était simple, les rois, les princes, l’église passait commande aux artistes. Et quand une œuvre dérangeante surgissait de nulle part, eh bien on l’interdisait. Mais aujourd’hui tout a changé explique-t-il en substance.

 

A lire aussi

 

En quelques années la critique qui faisait le tri a cédé sa position en surplomb de la société sous la pression de groupes et d’associations qui lui demandent des comptes. Des féministes exigent la parité devant et derrière la caméra, protestent contre la domination masculine et veulent accessoirement interdire le J’accuse de Polanski. Des noirs contestent à juste titre les stéréotypes véhiculés sur eux et soulignent ce qu’il y a d’inconvenant à faire jouer leur rôle par des blancs. Et si vous voulez tenter de comprendre pourquoi la politiste Françoise Vergès parle de décoloniser les arts, de féminisme décolonial et de l’appropriation culturelle en France, lisez l’hebdo le 1 où la présidente de l’association « décoloniser les arts » explique pourquoi et comment l’idéologie racialiste s’est insinuée dans les représentation des non blancs donc des noirs par des artistes blancs et dans une histoire de l’art profondément eurocentrée.

 

César : Lambert Wilson compare le politiquement correct au terrorisme

Ce qui nous amène à la tribune de Finkielkraut dans le Figaro. L’académicien qui parle de « l’effroyable soirée des César qui a battu tous les records de férocité et de laideur. Le rire barbare y a définitivement pris le pas sur l’humour devant une assistance pomponnée qui gloussait et le ministre de la culture devenu le ministre de la bien pensance et du lynchage compassionnel ». Et Finkielkraut fait du Finkielkraut et réussit à nous reparler de la gauche et du communisme en citant Philip Roth « quand vous généralisez la souffrance, vous avez le communisme, quand vous particularisez la souffrance vous avez la littérature ».

 

Réécoutez l’intégralité de la Revue de presse de David Abiker

 

Le communisme n’existe plus mais c’est, dit Finkielkraut, le féminisme qui a pris la relève. Et la domination ne peut avoir aujourd’hui qu’un seul visage : celui du mâle blanc et occidental et on en revient aux idées discutées dans l’hebdo le 1. Tout de même, il faut citer ce matin Lambert Wilson, un des rares comédiens à s’être ému de cette cérémonie des César et qui flinguait hier sans les nommer chez nos collègues de France Info et les traits d’humour de Florence Foresti et le départ d’Adèle Haenel : « Cette espèce de politiquement correct, je trouve que c’est du terrorisme. En plus, c’est bête ! On se dit ‘mais où sommes–nous ? Qui sont ces gens ?’ Ça m’a choqué, j’ai trouvé qu’on était minables. Il y a cette espèce de tribunal, de lynchage public que je trouve absolument abominable. » Voilà pour les suites de cette cérémonie des César qui confirme qu’un artiste inspiré c’est parfois mieux qu’un artiste engagé.

David Abiker

 

Retrouvez l’actualité du Classique