Municipales à Paris : Agnès Buzyn remplace Benjamin Griveaux, un pari risqué ?

Amélie Tsaag Valren/wikimedia commons

Agnès Buzyn est en Une de vos journaux ce matin. Elle va donc remplacer Benjamin Griveaux pour mener la liste LREM dans la campagne des municipales à Paris.

Cédric Villani jugé trop à gauche par une partie de LREM

Pour Le Parisien- Aujourd’hui en France, l’ex-ministre de la santé est « le quitte ou double » du parti d’Emmanuel Macron. « Un pari à haut risque » pour l’Opinion qui raconte qu’un temps l’hypothèse d’un rapprochement avec Cédric Villani a été envisagé mais que la droite de La République en Marche n’a pas voulu en entendre parler, jugeant le député mathématicien « trop à gauche ». Pour Le Figaro, Agnès Buzyn est « propulsée, en pleine crise, par Macron à Paris » alors que Les Échos la voient « reprendre le flambeau de LREM à Paris ».

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Comme 20 minutes qui lance un « SOS Buzyn », Libération file la métaphore médicale avec « Agnès Buzyn au chevet de LREM » et ose un hasardeux « Buzyn récupère le bousin » en page 2. L’éditorialiste de Libé Alexandra Schwartzbrod précise que l’ex-ministre de la santé est « la bonne élève du gouvernement » et a pour elle, je cite, « une sorte d’assurance et de calme qui en imposent, une fascination pour Simone Veil, qui fut sa belle-mère et, surtout, elle affirme n’avoir «peur de rien». Vu le contexte politique, cela ne peut pas lui faire de mal ».

 

Agnès Buzyn candidate à paris, intéresse la presse régionale

Cette désignation, même si elle n’apparaît pas en Une, est très commentée par les éditorialistes de la presse régionale comme Laurent Bodin de l’Alsace qui estime que « Paris vaut donc tous les sacrifices pour une Macronie en perdition dans la capitale ». Pour Florence Chédotal, des journaux du groupe Centre-France, La désignation d’Agnès Buzyn est « A faire pâlir d’envie le meilleur des scénaristes, on, ne s’ennuie jamais en Macronie. Voilà en tout cas un scrutin parisien dangereusement nationalisé. C’est une prise de risque, mais c’est ainsi qu’a toujours vécu la Macronie.

 

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Rien n’est écrit ». Bruno Dive, de Sud-Ouest estime que « D’un point de vue électoral, le choix d’Agnès Buzyn pour conduire la campagne parisienne était sans doute le moins mauvais. Ces municipales parisiennes seront donc une bataille de dames arbitrée par un médaillé en mathématiques ». Nos dames de Paris que salue Jean Levallois de La presse de la Manche pour qui c’est « du jamais vu. Avec trois personnalités très différentes [Anne Hidalgo, Agnès Buzyn, Rachida Dati NDR], mais toutes très courageuses et persévérantes. Si, autrefois, Paris valait bien une messe, la plus belle ville au monde, comme on qualifie notre capitale, vaut bien de quitter le gouvernement pour en assumer la gestion ».

 

 

https://twitter.com/Philippe_Gault/status/1229301197900800001

 

Agnès Buzyn désignée, une des conséquences de l’affaire Griveaux

Le retrait de Benjamin Griveaux de la course à la mairie de Paris qui fait suite à la diffusion de vidéos intimes le concernant par un activiste russe et qui pose beaucoup de questions. A propos tout d’abord du rôle des réseaux sociaux sur lesquels l’affaire a été révélée, amplifiée et parfois même instrumentalisée. L’Opinion par exemple, qui estime que « ces réseaux sociaux ont bon dos ». « Haro sur les réseau » écrit Marie-Catherine Beuth qui fait remarquer « qu’observateurs et élus sont d’accord : Si Benjamin Griveaux a jeté l’éponge, c’est à cause des dérives de la société numérique. Mais, face à un risque aussi important la classe politique ne peut pas se laisser emporter par l’émotion ». Pour La Croix, en pleine page à sa Une, c’est « La démocratie qui est piégée » insistant sur la diffusion « sans contrôle » de vidéos sur Internet et les réseaux sociaux et Jean-Christophe Ploquin d’insister sur le fait que « Face à ces périls, les personnes en situation de responsabilité doivent s’astreindre à une très grande rigueur de comportement pour ne pas donner prise à des manipulations.

 

 

Et chaque citoyen doit faire preuve de maturité vis à- vis des réseaux sociaux ». Libé s’attarde sur la pratique du « Revenge porn, effet pervers de la désinhibition 2.0 » et sur les « fantasmes hors-sujets et contresens du Griveauxgate ». Les journaux s’intéressent également à la personnalité des protagonistes de cette affaire. Le Parisien, notamment, qui a enquêté sur Piotr Pavlenski, « L’homme au cœur de l’affaire Griveaux » mais également sur sa compagne, toujours en garde à vue, et sur le sulfureux avocat Juan Branco dont on se demande quel a été son rôle dans l’histoire. La Dépêche du Midi pose la question « Benjamin Griveaux s’est -il fait piéger ? ». Pour qui, pour quoi ? Le quotidien toulousain qui a interrogé Hélène Blanc. La politologue, spécialiste de la Russie, qui estime que la piste de l’ingérence russe n’est pas à exclure et que « Vladimir Poutine ne veut sans doute pas que Paris soit aux mains d’un candidat du parti d’Emmanuel Macron ».

 

Philippe Gault

 

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