Mort du pianiste américain Leon Fleisher à 92 ans

Le grand pianiste américain Leon Fleisher, connu notamment pour ses interprétations à une main suite à la perte d’usage de sa main droite, est mort d’un cancer à l’âge de 92 ans.

 

Leon Fleisher eut pour élèves Hélène Grimaud et Yefim Bronfman

Né à San-Francisco en 1928, Leon Fleisher fut un pianiste très précoce. Dès l’âge de 8 ans, formé notamment par Artur et Karl Ulrich Schnabel, il se produit sur scène et à 16 ans il joue avec le avec l’Orchestre Philharmonique de New York, à l’époque dirigé par Pierre Monteux avec lequel il s’initiera à la direction d’orchestre. Réputé pour ses interprétations des concertos pour piano de Ludwig van Beethoven et Johannes Brahms, il enregistre avec Georg Szell et l’Orchestre Symphonique de Cleveland dans les années 1940 mais en 1964, il voit sa carrière de pianiste interrompue suite à la perte de l’usage de sa main droite à cause d’une dystonie focale (trouble moteur).

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Il se consacre alors à la direction d’orchestre et surtout à l’enseignement de la musique à l’Institut Peabody de l’Université Johns-Hopkins, à l’Institut Curtis, au Royal Conservatory of Music de Toronto et à Tanglewood comptant, parmi ses élèves, des interprètes qui deviendront de grands pianistes tels que Hélène Grimaud, Yefim Bronfman, Jean-François Latour, Louis Lortie, André Watts, Daniel Wnukowski ou Hiroko Sasaki. Malgré son handicap, il continue de jouer du piano essentiellement pour l’interprétation de morceaux écrits pour la main gauche et, évidemment, le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel devient son œuvre de prédilection.

 

En 1995, Leon Fleisher retrouva l’usage de sa main droite

Trente ans plus tard, après une série de thérapies intenses, Leon Fleisher put reprendre sa carrière de pianiste à deux mains en 1995 et a ainsi continué à donner des récitals et à réaliser des enregistrements. L’un de ses derniers disques, paru en 2015 et consacré à des œuvres de Bach, Scarlatti et Chopin était intitulé, comme un symbole de résilience « Leon Fleisher, two hands ».

Philippe Gault

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