L’année 2019 s’achève… Quelles leçons peut-on tirer pour les entreprises ?

La première leçon qui serait vraie tous les ans mais encore plus en 2019, c’est que le consommateur change, la demande n’est pas statique, elle évolue. Et dans les affaires, on récompense ceux qui adaptent leur offre pour faire face à l’évolution de la demande. Et comme c’est dur de s’adapter.

 

Il faut anticiper, sentir les signaux faibles pour que l’offre soit suffisante pour faire face à la demande quand elle se matérialise à grande échelle.

Je ne prends que deux exemple. Le bio et la vidéo à la demande. En 2019 les rayons bio et Netflix sont passés d’un truc un peu marginal à quelque chose de massif. Dans l’agroalimentaire, la distribution et dans l’audiovisuel, aujourd’hui, pour séduire il ne faudra pas en 2020 proposer la même chose qu’en 2018. En quelques mois, on aura changé de monde.

 

 

 

En quoi est-ce difficile pour les entreprises de s’adapter aux évolutions de la consommation ?

D’abord il faut sentir très tôt les tendances qui émergent. Ensuite il faut faire le tri entre les tendances, discerner celles qui ne seront qu’une mode et celles qui vont changer la donne. Quand on est un grand groupe installé, c’est risqué de tout miser sur une nouvelle tendance qui peut canibaliser votre métier historique mais qui en plus n’est pas certaine. Ensuite, le propre des grands groupes… c’est qu’ils sont grands. On parle de structures lourdes, souvent bureaucratiques. En 2019 , on a vu des grands groupes qui savaient ce qu’ils devaient faire mais qui avait du mal à le faire parce que ce n’est pas évident de gérer à la fois un héritage compliqué et de préparer un avenir prometteur… mais aussi risqué.

 

Donc la recette c’est quoi ?

A mon avis, en 2019, comme lors des années précédentes, la grande leçon c’est que pour gagner sur la durée il faut d’abord être prêt à prendre des risques. Quand on est trop prudent ou immobile on regarde passer les trains. Ensuite, la clef c’est l’exécution. Quand on a pris un risque, quand on se lance, il faut « délivrer », il faut agir vite et bien. Le meilleur exemple c’est sans doute PSA, Peugeot Citroën qui en 2019 a fait deux choses. Ils ont prouvé qu’ils pouvaient digérer le rachat d’Opel et ensuite comme ils avaient grossi de façon rentable, ils ont pu s’offrir Fiat Chrysler que Renault convoitait aussi. Du coup, je vous dirais que dans les affaires, c’est un peu comme dans le foot… C’est souvent comme dans le foot. C’est sans pitié. Quand on a une chance de marquer il faut tirer.

 

David Barroux

 

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