Peugeot et Fiat ont officialisé hier leur mariage… 

Le groupe qui va naître de ce mariage va être un vrai poids lourd de l’industrie auto. Vous mariez deux poids moyens et ça va donner naissance au numéro trois mondial en valeur, au numéro quatre en volume.

 

Un portefeuille de 14 marques comme Peugeot, Fiat, Jeep, Alfa-Roméo.

C’est un groupe fort aux Etats-Unis, en Europe et en Amérique Latine. Fort dans les utilitaires et les pickup. Leur faiblesse c’est la Chine, le premier marché auto où ils sont nuls. Et dans l’électrique, ils ne sont pas en avance. 

 

 

  

Pourquoi ils se sont mariés ?

Dans l’industrie auto il a toujours fallu être gros pour dégager des économies d’échelles. Plus on vend de voitures – et eux vont en vendre presque 9 millions par an – plus on obtient de bons prix des fournisseurs. On peut aussi développer de façon plus économe et rapide plus de modèles car on peut mutualiser les investissements. En plus on est à un moment historique dans l’auto. En plus des investissements habituels, il faut préparer un avenir de la voiture qui sera très différente dans 5-10 ans. La voiture va être de plus en plus autonome, intelligente et électrique. Il y a plein de nouveaux concurrents comme Tesla et Google. Pour faire face technologiquement et financièrement à ce défi, mieux vaut être bien armé et souvent l’union fait la force. 

 

A lire aussi

 

 

Quels sont les risques liés à cette opération ?

En affaires c’est comme en amour, tous les mariages ne se terminent pas forcément bien. Parfois la mariée est moins belle que prévu. Le marié plus compliqué que ce qu’on croyait. On peut se chamailler ou pire. Là, en plus le risque c’est que le premier actionnaire ça va être la famille Agnelli qui a fondé Fiat. Ce sont des Italiens très ouverts sur le monde et qui font confiance à des managers professionnels. Ils ont accepté que le nouvel ensemble soit dirigé pendant au moins 5 ans par Carlos Tavares qui a prouvé son talent depuis qu’il dirige Peugeot Citroën. Aujourd’hui les Agnelli et Tavares s’entendent bien mais que se passera-t-il en cas de crise. Le risque pour la France et pour la famille Peugeot qui restera le deuxième actionnaire, c’est que comme souvent ce qu’on nous présente comme un mariage entre égaux, se termine en bras de fer. Aujourd’hui tout va bien et on peut être heureux et optimiste mais il faut rester vigilant et avoir conscience que dans toute union industrielle et capitalistique il y a une part de risques.  

 

David Barroux

 

Plus d’articles sur le décryptage économique de David Barroux