Prada s’allie avec L’Oréal dans les cosmétiques ! 

Le géant italien de la mode et le géant français des parfums, des crèmes, du maquillage et des shampoings ont annoncé hier qu’à partir de 2021, L’Oréal allait concevoir, fabriquer et distribuer toute une gamme de parfums, de maquillages et de cosmétiques vendus sous la marque Prada.

 

Un mariage potentiellement gagnant-gagnante entre Prada et l’Oréal

L’Italien apporte la puissance de sa marque. Le Français apporte son savoir-faire, son expertise dans la conception, la distribution et le marketing de produits de grande consommation. Les deux groupes sont véritablement complémentaires.

 

Quel est l’intérêt pour Prada d’une telle alliance ?

Dans la mode, les défilés, le très haut de gamme, ne sont souvent que des vitrines qui génèrent de l’image et derrière l’objectif c’est de vendre du prêt-à-porter, de la maroquinerie ou des cosmétiques et du parfum. Ces derniers produits sont souvent ceux qui génèrent le plus de marge. Ce n’est pas un hasard si la famille Wertheimer qui au départ ne faisait que les parfums de Chanel a fini par racheter sa marque à Coco Chanel. Là, Prada part pratiquement de zéro. Ils ont juste quelques parfums fait sous licence par le groupe Puig. Demain, ils peuvent avoir avec L’Oréal toute une famille de produit sans avoir à investir et juste en attendant les royalties. C’est moins rentable que s’ils faisaient tout seul mais c’est moins risqué et plus rapide.

 

 

 

Et le marché potentiel est important ?

En moins de dix ans, L’Oréal qui a récupéré les licences de Yves Saint-Laurent en a fait un business à plus d’un milliard d’euros. Les cosmétiques et les parfums c’est un métier en croissance. D’abord parce que sur terre il y a de la croissance démographique. De plus en plus d’acheteurs potentiels. Ensuite parce qu’on est en plus dans une phase de croissance économique. Il y a de moins en moins de pauvres et de plus en plus de riches ou de classe moyenne sur terre. Et quand on s’enrichit on dépense moins pour se nourrir et on a plus de pouvoir d’achat pour se faire plaisir en s’achetant par exemple des cosmétiques. Et souvent des cosmétiques de marques. C’est le premier niveau du luxe. C’est le luxe le plus abordable et c’est donc un marché de masse avec des prix et des marges du haut de gamme.

 

David Barroux

 

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