Le spectacle vivant risque d’être la victime collatérale de la grève des transports

Quand les gens ont du mal à se déplacer, ils se concentrent sur l’essentiel. On va au travail ou chez le médecin mais on n’est pas forcément prêt à affronter les bouchons pour aller assister à un concert ou à une pièce de théâtre.

 

Il faut chaque jour ou presque annuler des représentations

Pour le monde de spectacle la grève c’est un poison à infusion lente. Il faut chaque jour ou presque annuler des représentations parce que les spectateurs ou encore pire le personnel ne peuvent pas venir.

 

 

Est-ce que l’on peut déjà mesurer l’impact ?

On a pas de chiffres consolidés mais on a déjà des théâtres qui font leurs comptes. L’Opéra de Paris qui a tout annulé depuis jeudi dernier a déjà perdu plus d’un million de recettes. C’est grave mais eux vivent en grande partie de subventions publiques et ils pourront encaisser le choc. Pour les salles privées c’est plus compliqué parce qu’il y a ce que l’on perd aujourd’hui et ce que l’on va perdre demain. Car dans cette industrie, le bouche-à-oreille est très important. C’est les gens qui viennent le samedi qui conseillent le dimanche à leurs copains d’aller voir un spectacle la semaine suivante. Là vous avez des grosses productions qui venaient de se lancer, qui étaient au pic de leur promo, comme le super War Horses à la Seine Musicale. Et depuis jeudi dernier, le nombre de réservation s’est effondré.

 

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Les salles sont-elles assurées contre les grèves ?

En théorie c’est possible mais une assurance ça coûte cher et ça ne marche pas à tous les coups. Ca peut fonctionner pour les plus grandes salles qui accueillent un artiste un soir, comme une star à Bercy. On peut se couvrir pour rembourser ou reporter un concert ou se dire que l’on va jouer devant une salle à moitié vide. Mais pour les spectacles qui doivent s’installer sur la durée et qui ne trouvent leur équilibre qu’au bout de pas mal de représentations quand le taux de remplissage progresse, la grève est une catastrophe. D’abord parce que décembre est le mois le plus important de l’année et parce qu’en plus cette grève arrive après la crise des Gilets Jaunes l’an dernier et l’effet des attentats les années précédentes.

 

David Barroux

 

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