Les chiffres du marché français de la mode sont tombés et ils ne sont pas très bons…

Cette année, une fois de plus, le marché français du textile devrait afficher un nouveau recul de 1,3% en valeur. Moins 1% ce n’est pas énorme mais sur la durée, ça finit par faire beaucoup. Sur les dix dernières années, le marché français du textile a chuté de 15% en cumulé.

 

Comment expliquer ce recul du marché français ?

C’est un cocktail avec plein d’ingrédients. Déjà il y a une part de déflation. La concurrence est rude, les prix baissent et donc même si on achète autant de chemises et de pantalons qu’hier, on dépense moins. Ensuite, on ne consomme plus pareil parce qu’on ne s’habille plus de la même façon. Le costume cravate s’écroule et le sportswear explose. Et forcément, un jogging et un tee-shirt c’est moins cher qu’un costard et donc ça pèse sur le chiffre d’affaires. Il y a aussi que la mode ça n’est pas que le textile. C’est son smartphone, c’est le maquillage… En dix quinze ans, on a vu se développer de nouvelles consommation qui captent une partie du pouvoir d’achat qui allait avant vers le textile. Et puis il y a peut-être aussi à la marge une forme de déconsommation. Elle n’est pas forcément militante mais c’est vrai que nos placards sont pleins et du coup, on a un boom incroyable des ventes de seconde main. Avec Internet, leboncoin ou le site Vinted qui vient de boucler une levée de fonds record, c’est devenu très facile de faire les puces depuis son canapé. Ce marché de l’occasion pèse sans doute plusieurs milliards.

 

 

 

Est-ce que tout cela c’est inquiétant pour les acteurs français du textile ?

Non je ne pense pas. Déjà parce que le marché de la mode est vivant et multiformes. Il y a plein de nouvelles marques qui apparaissent et le marché est de plus en plus diversifié parce que la demande est très large. C’est une industrie qui crée et qui se régénère. Ensuite parce qu’il y a plein de succès. De nouvelles marques, de nouveaux canaux de distribution, de nouvelles boutiques, de nouveaux sites. Il ne faut pas voir que le verre à moitié vide mais aussi la bouteille qui se remplit. Enfin, parce que la France et Paris restent des épicentres de la création. Et du coup, nos exportations se portent bien. Elles progressent de 5% par an en moyenne depuis presque 10 ans. Si tous les secteurs affichaient le même dynamisme, la France irait globalement beaucoup mieux.

 

 

David Barroux

 

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