Renault s’interroge sur l’avenir de son haut de gamme ?

Pour l’instant aucune décision définitive n’a été prise mais chez Renault on ne cache plus que le haut de gamme de la marque a un peu de plomb dans l’aile. Il est pratiquement acquis que l’Espace s’arrêtera dans trois ou quatre ans. Mais la question se pose aussi pour les Talisman, le Koleos et même des modèles un peu moins premium comme les Mégane.

 

Pourquoi Renault pourrait arrêter le haut de gamme ?

D’abord parce que le haut de gamme quand ça marche bien c’est très rentable. Mais quand ça marche mal, c’est une perte d’argent et d’énergie. Les Allemands ont fait du haut de gamme une chasse-gardée hyper rentable. Ce sont les voitures les plus chères avec les meilleurs marges. Ce sont les modèles sur lesquels les constructeurs gagnent le plus d’argent surtout s’ils arrivent à rajouter des options vendues très chères. Mais si les volumes ne sont pas au rendez-vous, vous avez des coûts de conception élevés. Il faut investir en marketing. Il faut former les vendeurs. Et au final, on doit casser les prix. Pour un groupe comme Renault, la question peut se poser de savoir s’il ne serait pas plus logique de se concentrer sur les voitures de taille moyenne, sur la citadine. Quitte à faire des modèles hauts de gamme sur les petites voitures comme Mini arrive à le faire. Quand on a une gamme plus étroite, on peut se concentrer sur les modèles les plus importants.

 

 

 

Mais renoncer au haut-de-gamme, ça serait quand même prendre un risque ?

Il ne faut peut-être pas renoncer totalement. Il faut sans doute en faire un peu moins. Peut-être garder juste un ou deux modèles. Et Renault peut aussi s’appuyer plus sans doute sur son partenaire Nissan qui a une marque de luxe, Infiniti, qui quitte l’Europe et qui pourrait être vendue ici avec des badges Renault par exemple. De toutes les façons, les gros modèles, ce qu’on appelle le segment D, ça ne représente que 5% des volumes de voitures individuelles de Renault. Les ventes de l’Espace sont tombées de plus 70.000 par an il y a 20 ans à seulement 12.700 l’an dernier. Si on ajoute les Megane du segment C, on passe à 18% des ventes. Renault ne peut pas renoncer à tout d’un coup, surtout qu’il faut aussi qu’il remplisse les lignes de montage de ses usines françaises comme Douai. Mais une réflexion sans tabou s’impose. Et puis, Renault peut aussi se dire que le haut de gamme passera par la relance et l’extension de la gamme Alpine ou par un jour le rachat d’un autre constructeur comme Jaguar ou Land Rover.

 

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David Barroux

 

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