Bonus malus automobile : Les grosses voitures sont dans le viseur des pouvoirs publics !

Planquez vos 4*4 et vos supersportives. Depuis 2007, avec l’invention du bonus malus automobile (l’ex écopastille), on avait déjà compris qu’on avait beaucoup plus de chance de devoir passer à la caisse pour payer une pénalité si on achetait une grosse voiture que de recevoir un bon chèque si on achetait une petite voiture. Mais là, le gouvernement envisage d’aller encore plus loin puisqu’après avoir déjà révisé souvent à la hausse le malus, il voudrait carrément le déplafonner pour les plus grosses voitures.

 

Bonus malus automobile : la pénalité max passerait de 12.500 euros à 20.000 euros.

Et en plus le gouvernement voudrait aussi que dans les pub pour les voitures les plus polluantes on ajoute une mise en garde disant « attention véhicule polluant ». Comme on tape sur le tabac, l’alcool ou les aliments gras et sucrés dans la publicité.

 

 

Est-ce que ce tour de vis est justifié ?

Depuis des années, on assiste à une sorte de paradoxe. Les petites voitures n’ont plus la cote. Ce qui marche aujourd’hui ce sont les fameux SUV, les voitures hautes. Au niveau mondial le marché des citadines est passé de 12% des ventes en 2012 à sans doute 7% d’ici 2022. Dans le même temps, les ventes de SUV s’envolent. C’est 40% du marché pour des véhicules qui consomment 25% de plus. A tel point que tout l’effet sur la pollution de la hausse des ventes de véhicules électriques a été plus qu’annulé par le boom des SUV. Et puis, c’est vrai que le déplafonnement envisagé concernerait moins de 1% des ventes. On parle des très très grosses voitures.

 

C’est donc un bon moyen de réduire la pollution ?

Franchement ça ne jouera qu’à la marge et on fait déjà peser des contraintes folles sur la voiture. Alors que la voiture ce n’est pas comme le tabac ou l’alcool dont on peut se passer. Pour inciter les consommateurs à avoir un comportement plus vertueux, on ferait mieux de favoriser des politiques publiques incitatives. Là, on est surtout dans la punition. C’est négatif. On ferait mieux de déployer des bornes de recharge ou de favoriser les petites voitures. Alors qu’aujourd’hui les contraintes de coûts, de motorisation et de contrôle des émissions sont tels sur des petits modèles peu rentables, que tous les constructeurs cherchent à quitter ce segment de ce qu’on appelle la citadine.

David Barroux

 

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