Le bio franchit une étape très symbolique en France !

Pour la première fois cette année, on pourrait franchir la barre des 10% de la surface cultivée en France convertie au bio. On assiste à une montée en puissance en fait très rapide. Au milieu des années 90, le bio ça n’existait pratiquement pas. C’était un truc pour les hippies. Mais en 5 ans, la surface agricole bio a doublé. On a passé la barre des 2 millions d’hectares l’an dernier et comme le rythme de conversion s’accélère on est aujourd’hui à environ un hectare sur 10 bio. Ça fait plus de 50.000 exploitations agricoles.

 

Comment expliquer cette conversion ?

L’offre suit la demande. Aujourd’hui, le bio est de plus en plus dans l’esprit et l’assiette des Français. Neuf foyers sur dix ont consommé bio l’an dernier et 12% des Français mangent quelque chose de bio tous les jours. On parle d’un réflexe quotidien. Et du coup, cela concerne tous les types de cultures. Les céréales, les fruits, les légumes, la viande et même bien sûr le vin, sachant que c’est en Gironde qu’il y a le plus de viticulteurs qui se sont convertis au bio. Le marché du bio en France, aujourd’hui ça n’est peut-être que 5 à 6% de notre consommation alimentaire mais c’est déjà un marché de presque 10 milliards d’euros et surtout c’est un secteur en très forte croissance. L’an dernier, la croissance était supérieure à 15% alors que le reste de l’économie a tendance à faire du surplace.

 

 

A qui profite ce boom du bio ?

Un peu à tout le monde mais ça n’est facile pour personne. La distribution a fait du bio avec le « local » son principal axe de croissance. C’est souvent le seul rayon qui progresse dans un supermarché. Mais le bio c’est plus cher à l’achat pour le distributeur aussi, plus compliqué à gérer car souvent plus périssable ou plus fragile. Ça profite au monde paysan qui valorise quand même mieux sa production quand elle est bio – parfois 30% de plus que les produits issus de l’agriculture traditionnelle – mais se convertir dans un premier temps ça coûte de l’argent. Il faut laisser la terre se reposer sans engrais chimiques pendant trois ans. C’est un premier manque à gagner. Ensuite, en bio, les rendements sont souvent moins bons, la qualité plus difficile à maîtriser (les pesticides ça simplifie la vie) et la concurrence se développe. Ce n’est donc pas une conversion facile et forcément gagnante pour tous. Et puis ça profite aux autres pays producteurs. Un tiers de notre consommation bio est importée et d’ailleurs même si on progresse on est que le troisième acteur du bio en Europe derrière l’Espagne et l’Italie. Et ce que cela profite au consommateur ? Je sais que je risque de faire hurler certains mais plus que le bio, ce qui compte pour notre santé, c’est de manger équilibré et des aliments le moins transformés possible. L’impact sur la santé du bio n’est pas vraiment prouvé. Mais si ça nous rassure c’est déjà pas mal.

 

 

David Barroux

 

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