« Des enfants pourris-gâtés » : J-L Mélenchon et Adrien Quatennens visés par Brune Poirson

Brune Poirson était invitée dans la matinale de Guillaume Durand ce mercredi. La secrétaire d’État à la Transition écologique a fustigé le bilan d’EELV au pouvoir avant de s’en prendre à Jean-Luc Mélenchon et au député insoumis Adrien Quatennens, considérant que leurs propos constituaient « un véritable scandale » devant être « dénoncé ».

 

Jusqu’à 50.000 logements en péril d’ici 2100 à cause de l’érosion du littoral

« Il faut arrêter de croire que lorsque nous parlons d’écologie, c’est nécessairement lié des fins électoralistes », s’est défendue Brune Poirson, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne. Elle participait aujourd’hui à un conseil de défense écologique, dispositif crée en avril 2019 en réponse à la crise des Gilets jaunes, réuni ce mercredi 12 février à midi autour du président de la République. C’est le quatrième exercice du genre pour Emmanuel Macron, qui l’utilise aussi comme un levier de communication pour exposer sa politique de défense de l’environnement.

 

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Les précédents conseils de défense écologique avaient notamment acté l’entrée en vigueur d’une éco-contribution sur le transport aérien (une taxe de 1,50 à 18 euros sur chaque vol au départ de la France) ou encore l’abandon du projet de centre commercial EuropaCity dans le Val-d’Oise, au nord de Paris. « Permettre aux Français de mieux s’adapter à des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, c’est bien l’objectif », a déclaré Brune Poirson, qui a cité une mesure concrète pour lutter contre l’érosion du littoral. Le vendeur d’un bien immobilier situé dans un endroit potentiellement menacé devrait être obligé d’en informer les futurs acquéreurs. En France, d’après le gouvernement, entre 5.000 et 50.000 logements seraient mis en péril d’ici 80 ans par l’érosion ou les tempêtes littorales. Brune Poirson a aussi égrainé d’autres « priorités » du gouvernement.

 

« On passe nos journées à recevoir des leçons de la part d’E.E.L.V », s’est agacée Brune Poirson

« Nous allons considérablement simplifier les plans de lutte contre les inondations ». Inondations qui coûtent plusieurs centaines de millions d’euros à l’Etat et aux assureurs chaque année. « Il y aussi la lutte contre la perte de la biodiversité », a-t-elle poursuivi avant de répéter l’engagement d’Emmanuel Macron de protéger 30% du territoire français. Un objectif en partie atteint grâce à la création du Parc naturel régional du Mont-Ventoux, terre d’élection de la parlementaire. La secrétaire d’Etat a confirmé la fermeture prochaine de quatre centrales à charbon et le développement de l’éolien offshore, « jusqu’à deux parcs par an ».

 

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Si Brune Poirson nie toute politique écologique à des fins électoralistes, elle a toutefois profité ce matin de son invitation au micro de Radio Classique pour cibler Europe Ecologie Les Verts. « On passe nos journées à recevoir des leçons de la part d’EELV », s’est-elle agacée, rappelant dans la foulée la participation de figures du mouvement au gouvernement sous la présidence de François Hollande. Elle leur a reproché de n’avoir « rien fait » dans des dossiers comme celui de Fessenheim, d’Europa City ou de Notre-Dame-des-Landes. L’enjeu électoral est de taille pour LREM, à l’approche des municipales. Le parti présente un candidat à Paris, David Belliard, face au Marcheur Benjamin Griveaux.

 

Jean-Luc Mélenchon a déclaré à Marseille vivre dans « un régime autoritaire »

« David Belliard a dit qu’il ne condamnait pas [les] actes violents » perpétrés au siège de BlackRock lundi 10 février, a assuré Brune Poirson, qui a affirmé « être très loin de soutenir » le gestionnaire d’actifs américain, régulièrement montré du doigt pour ses investissements anti-écologiques. « Je condamne toutes les violences qui sont faites aux personnes et aux biens » avait indiqué David Belliard hier, tout en appelant à « comprendre » les motivations des militants. 

 

La secrétaire d’Etat s’en est aussi prise à Jean-Luc Mélenchon et au député LFI Adrien Quatennens, qui se comporteraient « comme des enfants pourris-gâtés par la démocratie ». Cette déclaration est une réponse à la récente sortie médiatique du chef de La France Insoumise, qui depuis Marseille avait estimé vivre dans « un régime autoritaire ». « C’est indigne, c’est un véritable scandale ! Cela doit être dénoncé. Il y a des lâches de la démocratie », s’est emportée Brune Poirson.

 

Nicolas Gomont

 

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