Conseil de défense écologique : 17 millions de Français menacés par les inondations

Emmanuel Macron veut, de nouveau, accélérer sur l’écologie. Le chef de l’Etat réunit cet après-midi à l’Elysée son 4e conseil de défense écologique. Il sera question d’aires protégées, mais aussi d’adaptation face aux risques d’inondations Des millions de Français sont concernés.

 

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A Trèbes, les inondations ont fait 16 morts en 2018

17 millions de Français sont exposés au risque inondation. A Trèbes par exemple, la ville subit régulièrement les crues de l’Aude. En 2018, 6 personnes sont mortes à Trèbes, un drame qui a accéléré la prise de conscience et les premières mesures d’adaptation. Eric Ménassi, le maire de Trèbes, affirme que « plutôt que d’essayer d’endiguer une éventuelle crue, il faut permettre au fleuve de pouvoir s’écouler le plus naturellement possible. Nous y travaillons avec l’Etat, grâce au fonds Barnier, qui nous permet de pouvoir faire l’acquisition de bâtiments publics, mais aussi de maisons privées en bordure de fleuve. Cela nous permet de donner, au niveau du lit du fleuve, une largeur beaucoup plus importante ».

 

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En clair, à partir de ce mois d’avril, une quarantaine d’habitations et 4 bâtiments publics, une école maternelle et une piscine par exemple, vont être détruits. Le fonds Barnier destiné à aider les collectivités va d’ailleurs être augmenté. C’est une des annonces de ce conseil de défense, avec jusqu’à 210 millions d’euros par an.

 

La Somme, la Vendée et la Charente-Maritime menacées par les inondations

Le littoral français est aujourd’hui menacé par l’érosion du trait de côte et par la hausse du niveau des mers : 1 mètre, peut-être plus d’ici la fin du siècle. Dans la Somme, en Vendée ou encore en Charente-Maritime, des milliers de Français pourraient se retrouver sous l’eau. La commune de Dolus-d’Oléron sur l’île d’Oléron a engagé une réflexion en 2015 sur l’avenir de son littoral. Grégory Gendre,le maire de Dolus-d’Oléron, parle « d’un vrai outil d’aide à la décision, qui nous a permis de faire des soirées publiques sur ce thème-là, et de se rendre compte que parler de recomposition spatiale des territoires littoraux, ce n’est pas un gros mot ».

A Dolus-d’Oléron, un quartier de plus de 500 maisons est directement concerné dans la commune. La ville a, avec l’Etat, construit un algorithme territorial pour permettre aux propriétaires de connaître les risques et de décider sur leur futur. La relocalisation ou recul stratégique dans les terres, c’est ce genre de démarches que l’Etat veut aujourd’hui accompagner. Le gouvernement parle ce matin de 5.000 à 50.000 habitations concernées par une relocalisation d’ici la fin du siècle.

 

Baptiste Gaborit

 

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