L’éolienne en mer : un secteur prometteur en France ?

Le Syndicat des énergies renouvelables se réunit le 6 février à Paris pour son colloque annuel. Il y sera notamment question de l’éolienne en mer, filière dans laquelle la France est toujours très en retard. Mais tous les signaux sont désormais au vert.

 

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Une dizaine de parcs d’éoliennes en mer en France d’ici 2028

Ces 20 dernières années, 4.500 éoliennes en mer ont été installées sur les côtes européennes. La France n’en compte aucune pour le moment mais les premiers parcs éoliens offshore français devraient voir le jour à partir de 2022. Les objectifs de l’Etat ne sont toutefois pas aussi « ambitieux que le potentiel français », à en croire Pauline Le Bertre, déléguée générale de France Energie Éolienne, qui regroupe les professionnels de la filière. La France, qui possède la deuxième Z.E.E. (espace maritime souverain) grâce à ses 3.500 kilomètres de côtes. « Mais nos objectifs ont été révisés à la hausse et on a de bons espoirs de voir la filière décoller en termes de production massive d’électricité, de créations d’emplois et de dynamisation de l’économie maritime et littorale ». 6 parcs offshore devraient être mis en service le longs de nos côtes entre 2022 et 2025.

 

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Le premier sera implanté au large de Saint-Nazaire, où le chantier a déjà démarré. Suivront ceux de Courseulles-sur-Mer, de Saint-Brieuc, de Dieppe – Le Tréport, les îles d’Yeu et de Noirmoutier et enfin Dunkerque, dont le chantier a été attribué l’an dernier. Au total, 350 éoliennes seront réparties dans ces 6 parcs. Le gouvernement a donc a revu à la hausse les objectifs de déploiement de l’éolien en mer, avec un peu plus de 6 gigawatts de production estimée pour 2028. « Cela va permettre d’avoir à peu près 10% de la consommation d’électricité française fournie grâce à l’éolienne en mer, détaille Pauline Le Bertre. Typiquement, un projet comme celui de Saint-Brieuc, soit 62 éoliennes, va couvrir 9 % de la consommation électrique de la Bretagne. » Alors pourquoi la France a décidé d’accélérer aujourd’hui ? Le facteur prix a joué, notamment après l’attribution de l’appel d’offres du parc de Dunkerque à un prix inférieur à 50 euros le mégawatt.

 

 

Des usines d’éoliennes construites à Cherbourg et en Bretagne

« Cela rend cette énergie compétitive par rapport au nucléaire, mais aussi face aux autres énergies renouvelables dites plus natures », précise Sylvain Roche, docteur en sciences économiques de l’université de Bordeaux, spécialiste des énergies marines renouvelables. Outre le facteur prix, il y a un enjeu industriel. Car les régions littorales ont investi dans des infrastructures portuaires pour accueillir ces projets. Des usines fabriquent des éoliennes offshore à Cherbourg, mais aussi à Montoir-de-Bretagne ou encore au Havre. Au-delà des éoliennes en mer posées, il y a aussi la filière des éoliennes flottantes.

 

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« Je mise énormément sur les éoliennes flottantes car on évite les problèmes que pose l’éolien posé. Cela permet aussi de capter des vents plus forts car elles se trouvent plus loin du littoral ». Les perspectives commerciales seraient d’envergure. « Il faut investir de l’argent pour que cette technologie soit maîtrisée par les acteurs français et que l’on puisse se présenter comme la locomotive européenne de l’éolien flottant. » Pour l’Agence internationale de l’énergie, l’éolien offshore est l’un des piliers de la transition énergétique. Dans son dernier rapport, les experts de l’agence estiment son potentiel quasi illimité à l’échelle mondiale, fixé à 420.000 TWh, soit 950 fois la consommation française d’électricité.

 

Baptiste Gaborit

 

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