La surpêche recule : quelles sont les espèces encore en danger ?

L’IFREMER, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, vient de publier son bilan de l’état écologique de la pêche française. L’an dernier, près de la moitié des poissons pêchés en France provenaient de bassins exploités durablement.

 

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23 % des poissons sont encore en état de surpêche, comme le maquereau et l’églefin

L’impact de la pêche sur les ressources halieutiques se réduit. L’an dernier, les poissons pêchés provenaient à 43% de stocks sans risque majeur de surpêche et 6% de stocks reconstituables ou en reconstitution. La moitié de la population totale de poissons en zones de pêche voit son avenir assuré. En 2000, seuls 15% étaient préservés; signe donc d’une amélioration notable. Alain Biseau, biologiste des pêches à l’IFREMER a même relevé quelques « success stories », comme le sort du merlu du golfe de Gascogne. En péril dans les années 1990, ayant fait l’objet « d’un plan d’urgence de la part de la Commission européenne ou encore de réductions de quotas », il est désormais sauvé. Le thon rouge de l’océan Atlantique et de la Méditerranée est également en reconstitution. Les stocks d’anchois, de lieu noir ou encore de coquille Saint-Jacques sont aussi jugés suffisants. Seulement, le tableau est loin d’être parfait, puisque 23% des populations de poissons sont encore sur-pêchées. Citons par exemple la sardine, le maquereau ou l’églefin. Pire, 2% des stocks sont considérés comme effondrés. « L’effondrement ne signifie pas que l’espèce va disparaître mais que sa quantité est trop faible pour assurer la pérennité de son exploitation par les pêcheurs », nuance Alain Biseau, qui cite deux exemples emblématiques d’espèces « effondrées » : la cabillaud en mer du Nord et le merlan en mer Celtique.

 

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Le poids et la taille des sardines ont diminué en Méditerranée

La quantité de reproducteurs est insuffisante pour le renouvellement de ces populations. Cette situation imposerait des mesures de restriction de pêche très importantes pour reconstituer les réserves. D’autres espèces affrontent des situations délicates comme le chinchard. Pas encore en voie d’effondrement, ces dernières restent sur-pêchées et les stocks dégradés. Toutefois, une autre explication que la sur-exploitation doit être prise en compte pour comprendre leur sort. Pêcheurs et chercheurs ont par exemple constaté que le poids et la taille de la sardine avaient diminué nettement depuis 10 ans dans le golfe du Lion.

 

 

Elle est ainsi passée de 13 à 10 centimètres de long et son poids a été divisé par 3. Selon l’IFREMER, il s’agirait d’une conséquence du réchauffement climatique. On fait face à « un bouleversement environnementale », explique Alain Bizeau. Il affecte notamment la composition du plancton, la principale nourriture de la sardine, et conduit à leur amaigrissement généralisé. Même constat pour le cabillaud de la mer Baltique. En conséquence, les débarquements de sardines en Méditerranée ont chuté de 20.000 tonnes en 2008 à 2.000 tonnes aujourd’hui. Avec les conséquences économiques que l’on imagine sur les conserveries.

 

Baptiste Gaborit

 

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