Jules Adler : le peintre du peuple au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Découvrez à travers la rétrospective que lui consacre le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, la vie et l’œuvre du peintre Jules Adler, artiste engagé qui menait combat pinceau au poing. Avec près de 200 peintures, dessins, gravures et documents, cette exposition remet en pleine lumière cet artiste oublié qui a pourtant laissé une œuvre puissante sur les bouleversements de son temps.

 

Jules Adler : peintre engagé

Né en 1865, au sein d’une modeste famille juive, Jules Adler est un peintre de la seconde génération naturaliste, dont la peinture s’est inspirée de la vision du monde d’un Zola. Il s’intéresse très tôt aux figures du peuple, aux petites gens que le monde aime à ignorer et laisser dans l’ombre.
Dès 1899, il s’engage en faveur du capitaine Alfred Dreyfus, et son atelier parisien devient un lieu de rencontre des dreyfusards de la première heure. Alors que la Grande Guerre éclate, il s’intéresse aux blessés, aux prisonniers allemands, à cette jeunesse sacrifiée de part et d’autre de la ligne Maginot.
Pendant les heures sombres de la deuxième Guerre Mondiale, il se fait dénoncer par un pharmacien après avoir dessiné dans un parc public interdit aux juifs en 1944. Il est fait prisonnier à l’hospice Picpus, annexe de Drancy, et échappe de peu à la déportation. Il n’est libéré que le 25 août 1945, lors de la libération de Paris. Il retracera cette période d’emprisonnement lors de son exposition avec « 83 dessins faits pendant mes six mois d’internement après mon arrestation par les Boches »

 

Le Paris ouvrier d’Adler

Ces 200 œuvres, dont un tiers n’a jamais été présenté au public, témoignent du contexte social et politique de Paris et plus généralement de la France. Adler adopte une attitude critique face à l’idéologie du progrès, à la modernisation et à l’industrialisation des villes. Il peint la misère, l’exploitation et l’aliénation des ouvriers comme des paysans. Jules Adler est la voix de ceux qui ne peuvent pas se faire entendre, de ceux qui souffrent, d’où son surnom : « le peintre des humbles. »

 

Jules Adler, Les Enfourneurs, 1910

 

 

Un artiste oublié

Adler a été un peintre reconnu en son temps, mais son désintérêt pour le débat d’avant-garde et son engagement auprès de la classe rurale et ouvrière l’ont fait disparaître des livres d’histoire de l’art. Le MahJ permet enfin de faire pleine lumière sur cet artiste dont les toiles expriment des souffrances sociales toujours tristement d’actualité.

 

Exposition jusqu’au 23 février 2020 au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

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