Le gouvernement avance une piste pour améliorer le bien-être animal

Une étude scientifique franco-américaine affirme qu’une grande majorité des vignobles du monde entier seraient menacés par le réchauffement climatique. Autre actualité, une expérimentation va être menée pendant deux ans par le ministère de l’Agriculture pour améliorer les conditions de vie des animaux d’élevage.

 

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Le changement climatique va avoir une incidence sur les cépages français

Selon des chercheurs américains et français, la moitié des vignobles de la planète pourraient disparaître avec un réchauffement de 2°C. Le scénario empirerait en tablant sur un réchauffement de 4°C (prévisions actuelles). Ainsi, 85% des vignobles mondiaux seraient menacés. En France, les vignobles enregistreraient autant de pertes que de gains. Ces gains proviendraient de l’augmentation des territoires cultivables. Toutefois, il faudrait faire évoluer les cépages plantés selon les chercheurs. Par exemple, les vignerons devront privilégier le grenache qui aime la chaleur.
Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, se préoccupe en ce moment du bien-être animal. Il a dévoilé hier son plan d’action avec plusieurs mesures phares, dont l’interdiction du broyage des poussins ou encore celle de la castration à vif des porcelets. Autre décision, le lancement d’une expérimentation sur un nouveau mode d’information sur les produits carnés, à l’image de ce qui a été fait pour les œufs – à savoir des chiffres inscrits sur les coquilles (0-1-2 ou 3) selon le mode d’élevage des poules pondeuses. Ce dernier système a fait ses preuves selon Agathe Gignoux de l’ONG CIWF.

 

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Un nouvel étiquetage déjà testé avec la coopérative d’éleveurs Loué

Ce dispositif a vraiment « permis de faire évoluer les achats des consommateurs » qui ont pu se positionner par rapport à leurs convictions sur la question du bien-être animal. « On a vu une évolution progressive mais réelle [avec] de moins en moins d’œufs de poules en cage ». Ce mécanisme d’étiquetage permettrait par exemple de déterminer si un steak acheté en supermarché provient d’un animal élevé en plein air ou non. Concrètement, il ne s’agirait pas forcément de chiffres comme c’est le cas pour les œufs. CIWF met en avant l’étiquette de mode d’élevage qu’elle a lancé en septembre 2018 avec l’entreprise Loué pour ses poulets. Une affichette collée sur le produit qui évalue grâce à une code (de A à D) les conditions de vie de l’animal abattu. « Ce que l’on souhaiterait maintenant, c’est qu’il y ait un engagement du ministère de l’Agriculture pour soutenir ce type de démarche », espère Agathe Gignoux.

 

 

La FNSEA plaide pour une adaptation du cahier des charges des labels

Du côté du principal syndicat des professions agricoles, on estime que la démarche est intéressante. Mais la FNSEA avertit sur les risques de multiplication d’informations sur les étiquettes. « Vous avez déjà pas mal d’informations sur les produits carnés, comme l’âge, le morceau et le lieu d’abattage », rappelle Etienne Gangneron, vice-président de la FNSEA en charge du dossier du bien-être animal. Selon lui, donner trop d’informations au consommateur aurait un effet pervers : « Au final, il ne repère plus qu’une chose, c’est le prix ». Lui milite pour des critères intégrés aux cahiers des charges de labels déjà existants, comme le label rouge ou les AOC (Appellations d’origines contrôlées). Cette réflexion sur les modes d’étiquetage est déjà en cours. Il devrait d’ailleurs en être question mardi 29 janvier lors d’une séance du Conseil national de l’alimentation. Le ministère indique que l’expérimentation présentée hier démarrera l’année prochaine et durera deux ans.

 

Baptiste Gaborit

 

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