Environnement : faut-il donner une note écolo aux vêtements ?

La secrétaire d’Etat Brune Poirson lance ce mardi 11 février les travaux d’élaboration de l’affichage environnemental dans le secteur du textile. Autrement dit une note écolo qui serait présente sur les étiquettes. Ce serait un affichage similaire à l’étiquette énergie dans l’électroménager.

 

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Décathlon met des notes à certains produits, ce qui influence le comportement des acheteurs

Depuis 2012, Décathlon a mis en place les étiquettes A B C D ou E sur certains de ces produits, avec un petit pictogramme bleu en forme de planète et à côté une note. Raffaele Duby est le responsable développement durable sur l’offre et la conception du groupe Décathlon : « Le calcul environnemental concerne l’ensemble du cycle de vie du vêtement. Quand on conçoit un produit, on doit prendre en compte les composants d’un tee-shirt, le tissu, les fils de couture, mais aussi les opérations, les procédés, les matières utilisées, le transport, la distribution, l’utilisation du produit et la fin de vie. On s’appuie sur la base de donnée qui s’appelle « la base impact », fournie par l’Ademe. »

 

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Plus de 3.500 produits ont été évalués et sont aujourd’hui notés. C’est 60% des produits textiles, chaussures et des confections lourdes de l’entreprise, c’est-à-dire les sacs à dos, les tentes. Et Decathlon évidemment a essayé de savoir si cette note influençait le comportement des acheteurs : « quand on a posé la question après achat », explique Raffaele Duby, « on réalise que les produits les moins bien notés sont mis de côté. Les gens favorisent les produits un peu mieux notés. Si les fonctions recherchées sont assez proches, ils iront vers le produit qui a la meilleure note ».

 

LVMH et Promod participent à cette réunion

Cela permet aussi selon Raffaele Duby d’obtenir des chiffres précis sur l’impact de chaque étape de la fabrication, de la distribution ou de l’utilisation. L’objectif est donc de privilégier les produits les plus respectueux de l’environnement. Car l’industrie de la mode est aujourd’hui l’une des plus polluantes du monde. Alma Dufour, chargée de campagne surproduction pour l’ONG Les amis de la terre, affirme que « 8% des émissions mondiales émises par l’industrie de la mode, c’est plus que l’aviation, c’est quasiment le 4ème émetteur de gaz à effet de serre, et sur la question des niveaux de production, en France, on en est à 40 vêtements par habitant mis sur le marché l’année dernière. Sur le recyclage, seul 1% des vêtements contiennent des fibres recyclées ».

 

Outre Decathlon, des entreprises du secteur textile seront présents à cette réunion autour de Brune Poirson : LVMH ou Promod. L’idée est de se mettre d’accord sur un affichage et des critères communs dans un délai de 18 mois. Cet affichage environnemental, voté dans la loi sur l’économie circulaire, se fera sur la base du volontariat dans un premier temps, ce que regrette Alma Dufour. Le ministère de la transition écologique attend lui une directive européenne sur le sujet. Dès qu’elle sera mise en œuvre, cela deviendra obligatoire en France également.

Baptiste Gaborit

 

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