Les bureaux de BlackRock saccagés par des militants écologistes

Le gestionnaire d’actifs américain BlackRock est régulièrement sous le feu des critiques pour son rôle supposé d’initiateur du projet de reforme des retraites. Hier, des militants écologistes ont trouvé une autre raison de s’en prendre à lui, en détériorant ses locaux.

 

BlackRock possède 3% à 5% du capital de grandes entreprises françaises

Hier, les bureaux de BlackRock à Paris ont été investis par des militants écologistes extrémistes. Acteur de la finance parti de rien à la fin des années 1980, BlackRock est aujourd’hui un géant du secteur. Il est le premier gestionnaire de fonds à l’échelle mondiale et gère l’épargne de millions de personnes. Au total, cela représente plus de 7.000 milliards de dollars. Il y a quelques décennies encore, le plus grand fonds américain était Fidelity. Désormais, BlackRock est passé devant. Comme cette société a beaucoup d’argent à placer, elle détient souvent entre 3 et 5% du capital de toutes les grandes entreprises et donc, des grandes entreprises françaises.

 

 

Sa puissance financière s’explique simplement. BlackRock est adossé au premier marché au monde, les Etats-Unis. Ce pays a fait de la retraite par capitalisation une spécialité sans compter que la Bourse y est très dynamique. Cela signifie que les épargnants américains investissent beaucoup en actions, soit directement via du stock picking – en sélectionnant des valeurs -, soit indirectement en investissant dans des fonds qui proposent d’investir dans une copie des indices. Ainsi, on achète des parts dans un placement, qui évolue comme le CAC40 par exemple. BlackRock peut à la fois miser sur sa grosseur et sur son efficacité. Pour les particuliers comme pour les banques ou les assurances, les tarifs sont très attractifs.

 

Des écologistes radicaux reprochent à BlackRock ses investissements dans le pétrole ou le charbon

Mais l’entreprise est critiquée et attaquée par une toute petite minorité ultra-violente en France. Elle est devenue le bouc-émissaire pointé du doigt par une ultra-gauche anarchiste qui déteste la Bourse et le capitalisme. Elle s’est vue reprochée d’avoir manipulé le gouvernement pour pousser la France à favoriser les retraites par capitalisation. Une accusation que l’on pourrait lancer à toutes les banques ou gestionnaires d’actifs souvent bien plus puissants que BlackRock en France.

 

 

Mais ils sont aussi remis en cause par des écologistes radicaux, qui estiment que le droit d’investir dans des groupes qui produisent de l’énergie, du pétrole ou du charbon devrait cesser. Officiellement, BlackRock reconnaît qu’il y a une urgence climatique et fait pression sur les entreprises pour qu’elles évoluent. Mais ils investissent en effet dans des géants de l’énergie. On peut donc les accuser de ne pas en faire assez, mais ce n’est pas une raison suffisante pour basculer dans la violence et la destruction.

 

David Barroux

 

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