Warner Music en bourse : Comment les majors sont-elles sorties de la crise ?

Le groupe Warner Music, troisième label international, a officialisé son retour en bourse. Il marque ainsi le renouveau de l’industrie musicale, qui profite depuis quelques années d’une rentabilité retrouvée.

 

Plus un million d’abonnés à Spotify en 1 an en France

Le label Warner est un géant. Il constitue la troisième major au monde derrière Universal et Sony Music. Cette maison de disques, qui contrôle près de 20% du marché planétaire et avec ses différents labels, comme Elektra ou Atlantic, a produit Frank Sinatra, les Doors, Ray Charles, Led Zeppelin, Madonna, Metallica ou plus récemment Ed Sheeran. Ce retour en bourse a été décidé car après des années de crise, marquées par l’explosion du piratage numérique, la musique redevient depuis quatre ans une activité en croissance. L’année dernière, le chiffre d’affaires de Warner a encore bondi de 12 %, à 4,5 milliards de dollars.

 

 

Universal, son concurrent contrôlé par Vivendi, vient de céder 10% de son capital sur une base de valorisation de 30 milliards d’euros. La musique rapporte à nouveau de l’argent. Ce réveil de la musique s’explique par l’essor du streaming. Aujourd’hui, Spotify compte plus de 124 millions d’abonnés payant dans le monde, dont plus de 5 millions en France. C’est un million de plus en un an. La musique par abonnement via Spotify, Deezer, Apple Music ou Amazon Music représente déjà plus de la moitié du marché français.

 

1.000 écoutes sur Deezer rapporte 6 euros, notamment à la maison de disques

Cela pèse plus lourd que les ventes de CD. Et une fois que les clients sont abonnés, ils finissent en cumulé par dépenser plus que ce qu’une personne dépensait avant en moyenne en achats de disques. Le marché de la musique n’est pas revenu à son pic des années 2000 mais il en prend le chemin. Les premiers gagnants de ce rebond du marché musical sont les majors de la musique. Les trois gros contrôlent 80% du marché. C’est une industrie très concentrée. A eux 3, ils détiennent presque toutes les stars et sont en position de force pour négocier avec Deezer et Spotify qui doivent leur reverser l’essentiel de leur chiffre d’affaires.

 

 

Cela profite aussi aux artistes qui pendant quelques années ne pouvaient gagner de l’argent que via les concerts. Quand un titre est écouté 1000 fois sur Deezer il rapporte un peu plus de 6 euros à la maison de disque, au compositeur et aux interprètes. Pour les méga-stars, qui sont écoutées en boucles, les centimes finissent par faire des millions. Pour les artistes peu connus, les centimes restent des centimes. La musique va mieux mais elle ne fait pas vivre tous les musiciens. Warner s’en moque car, lui, arrive à s’en sortir. Et c’est ce qui va séduire la Bourse.

 

David Barroux

 

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