Les casinos français retrouvent le sourire

Les 200 casinos français ont connu des périodes difficiles au cours des quinze dernières années, mais commencent à apercevoir le bout du tunnel. Ils sont parvenus à empocher près de 2,5 milliards d’euros en 2019.

 

L’univers du jeux vidéos, l’arme des casinos pour attirer une jeune clientèle

Entre l’obligation des contrôles d’identité à l’entrée, l’interdiction de fumer dans les lieux publics (2008) et le développement des jeux d’argent en ligne, les casinos ont du affronter de sacrés vents contraires. Il devenait de plus en plus compliqué d’aller dans un casino alors que dans le même temps, il était de plus en plus simple de parier ou de jouer au poker sur son smartphone. Mais les résultats annuels qui viennent de tomber prouvent que les établissements de jeux ont redressé la barre. Pour séduire de nouveau, ils se sont professionnalisés. Les grands groupes français comme Barrière, Partouche ou Joa ont beaucoup investi dans les bâtiments, dans les salles de jeux et souvent les hôtels avoisinants.

 

 

Ils ont misé sur le service clients, les attentions portées aux joueurs et sont montés en gamme. Et puis, l’offre s’est renouvelée. La vache-à-lait des casinos reste les machines à sous, qui sont simples d’utilisation et qui génèrent plus de 80% des recettes des casinos. Si les tables de blackjack ou la roulette offrent toujours de belles scènes dans les James Bond, elles n’attirent qu’une petite partie des joueurs. Pour faire venir une clientèle plus jeune et pas experte, les casinos ont beaucoup misé sur de nouvelles machines électroniques avec de grands écrans. Ils se sont inspirés de l’univers du jeu vidéo et ont proposé toujours plus de blackjack, de poker ou de roulettes électroniques. Ils ont importé dans les casinos les jeux de smartphones, en proposant de vrais gains.

 

Avec 33 millions d’entrées, les casinos peuvent encore élargir leur clientèle

Cette stratégie est très payante puisque l’an dernier, ce qu’on appelle le produit brut des jeux – ce qui reste dans la poche du casino après avoir redistribué les gains – a progressé de 5%. C’est la cinquième année de hausse de suite et c’est la plus forte progression en plus de 15 ans. Cela représente presque 2 milliards et demi d’euros pour les 200 casinos français. Et la bonne nouvelle, c’est que le chiffre d’affaires a progressé dans 150 casinos. La France est finalement de plus en plus joueuse et une marge de progression demeure ; l’an dernier, les casinos n’ont enregistré qu’un peu plus de 33 millions d’entrées.

 

David Barroux

 

Plus d’articles du décryptage économique de David Barroux