ManoMano, la start-up qui perce sur le marché du bricolage

Créée il y a à peine six ans, la start-up Mano Mano et ses 100 millions de chiffre d’affaires est en train de révolutionner le secteur du bricolage.

 

Mano Mano : une levée de fond de 125 millions d’euros

Elle fait trembler des géants du secteur, comme Bricorama, Leroy-Merlin, Mr Bricolage ou même Point P. L’entreprise, qui incarne une sorte d’Amazon du bricolage, ne vend que du matériel pour les travaux et le jardinage. Cette société séduit de plus en plus de clients grâce à un argument qui fait mouche : des tarifs de 10 à 30% moins chers que leurs concurrents. Ils font en effet profiter les particuliers et les petits artisans de prix de gros, alors que ces derniers achètent généralement au détail. Les dirigeants de ManoMano affirment qu’ils atteignent la rentabilité en France. Toutefois, la réalité est plus complexe. L’entreprise vient de lever 125 millions d’euros pour se développer à l’international alors qu’elle reste dans une phase de croissance très rapide.

 

 

Cela l’oblige à embaucher beaucoup, avant même de voir augmenter son chiffre d’affaires. Du coup, elle perd encore de l’argent en cumulé. Pas de quoi perdre la confiance des investisseurs qui restent très optimistes du fait du modèle économique de l’entreprise, qui présente peu de risques. En fait, ManoMano n’achète rien puisque ce n’est qu’un intermédiaire. Il sélectionne des revendeurs, référence leurs produits puis met en relation les grossistes avec des clients via une place de marché.

 

Des concurrents à la traîne incapables de baisser leurs coûts

Il se rémunère en prenant une commission plus ou moins élevée en fonction des services choisis (stockage dans des entrepôts tiers, livraison via des partenaires logistiques). Bien qu’il assure la qualité des produits et le service client, il n’a pas besoin d’immobiliser des fonds pour se constituer des stocks. Aujourd’hui, le volume d’affaires qui transite par leur site n’est que de 620 millions d’euros. Le marché potentiel, si on additionne les particuliers et les entreprises de travaux, est lui de plus de 400 milliards d’euros à l’échelle européenne. ManoMano affiche une croissance de 50% par an mais reste donc relativement petit.
La société jouit d’un bon positionnement et d’une équipe de direction très expérimentée. Lever des fonds n’est pas un problème, et surtout, ils ont des concurrents manquant de flexibilité. Les grands distributeurs du bricolage ont des frais de structure très élevés. Ils ne peuvent ni réduire leurs coûts ni casser les prix sur Internet, en affichant des prix plus élevés en boutique. Ainsi, même ses rivaux les plus redoutables n’arrivent pas à freiner la croissance de ManoMano.

 

 

David Barroux

 

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