Les déboires de Zelensky : à Kiev comme à Washington, le président ukrainien fait face à une opposition grandissante

FILIP SINGER/action press/SIPA

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annulé hier sans raison une intervention qu’il devait effectuer devant le Congrès américain. A Kiev comme à Washington, il rencontre de plus en plus d’opposition. En Ukraine, il lui est même reproché une dérive autoritaire.

Funeste semaine pour le président ukrainien. Mardi, alors qu’il était prévu que Zelensky s’adresse aux membres du Congrès américain par vidéoconférence, la communication a tout simplement été annulée par le chef d’Etat, sans aucun motif et à la dernière minute.

La veille, dans une interview au média suisse 20 Minutes, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, s’est déchaîné contre Volodymyr Zelensky : « Les gens voient qui est efficace et qui ne l’est pas… Zelensky paie pour les erreurs qu’il a commises ».

Le 1er décembre, dans une interview accordée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Klitschko s’était déjà plaint d’une dérive autoritaire chez le président ukrainiens en termes peu amènes : « A un moment donné, nous ne serons plus si différents de la Russie, où tout dépend du caprice d’un seul homme ».

Aux Etats-Unis, les Républicains sont désormais non-interventionnistes

A Washington comme à Kiev, Zelensky semble vraiment contesté. A la demande de Joe Biden, le Congrès américain était prié d’approuver une dépense budgétaire supplémentaire de 106 milliards de dollars. 61 milliards doivent être affectés à l’Ukraine, 14 milliards à Israël, 9 milliards à l’aide humanitaire, y compris à Gaza, et 12 autres milliards à des mesures de renforcement des frontières destinées à bloquer l’entrée des clandestins en provenance du Mexique.

Cette dernière enveloppe anti-immigration est une concession faite par les Démocrates aux Républicains pour obtenir leur assentiment sur les 61 milliards réservés à l’Ukraine.

Mais cela ne marche pas : le Congrès a rejeté cette dépense. Dans le sillage de Donald Trump, les Républicains sont désormais obstinément non-interventionnistes, pour ne pas dire isolationnistes. Il faudrait donc un miracle à Washington pour faire adopter cette enveloppe.

La cause ukrainienne subit les effets des événements au Proche-Orient

L’Europe serait-elle prête à prendre le relais de l’Amérique ? Rien n’est moins sûr : le lâchage des Républicains aux Etats-Unis peut aussi sonner le reflux en Europe. Lors du prochain Conseil européen des 14 et 15 décembre, il sera question d’une enveloppe de 50 milliards d’euros destinée à l’Ukraine par l’Union européenne.

Mais certains pays comme la Hongrie sont d’ores et déjà opposés à cette rallonge, tout comme l’Italie, très réticente.

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Quoi que l’on dise, les événements de Gaza, avec leurs implications tragiques à l’intérieur même des sociétés européennes, ont inversé imperceptiblement l’ordre des priorités. La cause de l’Ukraine en subit les effets de plein fouet.

Christian Makarian

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