COP28 : « C’est naïf de demander à l’OPEP d’arrêter de produire du pétrole » réagit le fondateur de Solar Impulse

Lionel Guericolas - MPP/SIPA

L’organisation des pays exportateurs de pétrole a suscité de nombreuses condamnations internationales en demandant à ses pays membres de rejeter tout accord ciblant les énergies fossiles à la COP28. Pour l’explorateur Bertrand Piccard, invité des Voix de l’économie sur Radio Classique, « cela a un côté presque infantile de ne pas comprendre la position de l’OPEP ».

Il est actuellement sur place à Dubaï pour promouvoir un nouveau « narratif sur le climat » : le fondateur de Solar Impulse Bertrand Piccard souhaite montrer aux pays présents aux négociations environnementales la nécessité « d’explorer d’autres manières de faire et de penser ».

« Depuis 27 COP, on aborde le problème de manière erronée ». L’activiste pour le climat estime qu’en demandant aux pays de « décarboner » leur économie, ces derniers prennent cela « comme une atteinte à leur souveraineté et comme un fardeau extrêmement coûteux qui réduit leur développement économique ».

La méthode de Bertrand Piccard consiste à présenter les enjeux climatiques sous un jour positif, en évoquant, au-delà des problèmes à résoudre, les opportunités qu’offre la lutte contre le réchauffement global.

A la COP28, un accueil chaleureux réservé à ce discours positif

Selon l’environnementaliste, ne considérer que « l’action de décarbonation » induisant « des efforts et des sacrifices à réaliser » crée une « résistance » et non pas une « adhésion » dont la cause climatique aurait besoin.

Bertrand Piccard se satisfait de l’accueil réservé au nouveau narratif qu’il propose à la COP28 : « l’envoyé spécial des Etats-Unis John Kerry m’a dit qu’il trouvait cela extraordinaire et qu’il le lirait attentivement pour éviter de dire des bêtises lors de son prochain discours ».

Les réactions qu’il observe à la conférence de Dubaï montrent que ce discours « marche » mais qu’il faut maintenant le déployer à une « bien plus grande échelle ». « Tout le monde doit pouvoir s’emparer de ce genre d’arguments et ne pas rester bloqué sur ses positions ».

Il faut « arrêter de mettre la balle dans le camp des autres »

L’organisation des pays exportateurs de pétrole a suscité la polémique récemment en rejetant tout accord qui se focaliserait sur les énergies fossiles, alors que la réduction drastique de l’utilisation de pétrole, de gaz et de charbon est absolument nécessaire pour espérer limiter le réchauffement global en dessous de 2°C.

Pour Bertrand Piccard, « ne pas comprendre la position de l’OPEP a un côté presque infantile » dans la mesure où la majeure partie des revenus des pays de l’organisation provient du pétrole. Il faut d’abord « agir chez nous pour ne plus consommer autant et arrêter de mettre la balle dans le camp des autres ».

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Premièrement, en investissant massivement dans les « énergies renouvelables devenues aujourd’hui beaucoup moins chères que les énergies fossiles ». Deuxièmement, « en mettant en place des mesures d’efficience pour arrêter de gaspiller les trois quarts d’énergie produits dans le monde ». Bertrand Piccard en est convaincu : « on peut très bien, avec du renouvelable et de l’efficience dans l’utilisation des ressources énergétiques, compenser ce que les producteurs de pétrole refusent de diminuer dans leur production ».

Paul Cassedanne

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