Transports en Île-de-France : Le Passe Navigo au coeur d’un nouveau conflit entre Bercy et la région

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Un nouveau bras de fer s’annonce sur le financement des transports publics, entre le gouvernement et Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France. L’an dernier déjà la passe d’armes avait été vigoureuse, mais elle risque cette fois de monter d’un cran.

En 2022, l’Etat avait lâché du lest pour éviter un envol du prix du Passe Navigo, l’abonnement au métro et RER, augmenté quand même de près de 10 euros. Nouvelle impasse cette année. Sauf que cette fois, la région veut faire payer les entreprises – via le « versement mobilité », un prélèvement sur la masse salariale.

Le ministère de la Transition écologique est prêt à une hausse mesurée, afin de financer les nouvelles lignes du Grand Paris Express, sans trop pénaliser les clients. Mais Bercy s’y oppose farouchement. Pas question d’augmenter le coût du travail alors que toute la politique du gouvernement vise à le diminuer.

La hausse du versement mobilité ne figure donc pas, à ce stade, dans le projet de loi de Finances. De quoi crisper les acteurs, qui s’en remettent désormais à Elisabeth Borne. La Première ministre connaît bien le sujet, elle qui a dirigé la RATP avant d’être ministre des Transports.

800 millions manquent pour financer les transports d’Île-de-France l’an prochain

Sur le fond, est-ce légitime de faire payer les entreprises pour l’amélioration des transports ? Oui, mais à condition de ne pas pousser le bouchon trop loin. Et c’est de plus en plus le cas.

Rappelons que la part financée par les usagers eux-mêmes est sensiblement plus faible en France que dans les autres pays européens. En parallèle, celle des entreprises augmente : le versement mobilité représente désormais 10 milliards d’euros de recettes, dont plus de la moitié pour l’Ile-de-France.

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Comme les impôts de production des entreprises diminuent par ailleurs, la tentation est forte pour les élus de relever localement cette taxe dans les métropoles et les villes moyennes, tout en accordant la gratuité à de plus en plus de catégories d’usagers, ce qui agace Bercy au plus haut point. En attendant, il manque toujours 800 millions d’euros pour financer les transports franciliens l’année prochaine.

Etienne Lefebvre

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