Alors qu’une vague de chaleur vient de frapper la France et que certains départements ont subi une période de sécheresse, la question de la gestion de l’eau est de plus en plus centrale. Invitée de François Geffrier dans Les Voix de l’économie, sur Radio Classique, la PDG de Suez Sabrina Soussan a évoqué plusieurs solutions concrètes.
Malgré plusieurs épisodes de canicules, l’été 2023 s’est passé « un peu mieux » que l’année dernière, affirme Sabrina Soussan, chiffres à l’appui. L’an dernier, 700 communes étaient en urgence absolue, il avait fallu les ravitailler en eau par des camions-citernes. Cette année « 129 communes » ont été concernées.
Même si le phénomène a baissé en un an en France, la situation reste « préoccupante » avec un niveau des nappes phréatiques 70% plus bas que la moyenne et la sécheresse désormais considérée par l’Onu comme la prochaine grande pandémie.
20 % des pertes en eau sont dues à des fuites
« Ce qu’on pensait exceptionnel est en train de devenir une réalité », s’alarme Sabrina Soussan. Elle souligne toutefois que plusieurs solutions existent, liées à trois grandes thématiques : « j’économise, je recycle, j’accrois ». Le premier point est central.
« Il faut éviter le gaspillage », pointe la PDG de Suez, qui souligne que « 20% des pertes en eau vient des fuites, contre 8% en Allemagne ». Or il existe des outils digitaux pour les détecter rapidement, via des capteurs et grâce à l’intelligence artificielle. Ces capteurs, déjà installés dans 2,5M de foyers en France permettent à l’utilisateur de savoir ce qu’il consomme en temps réel et s’il y a des fuites. On peut gagner « 5% de consommation ».
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S’agissant du dessalement de l’eau de mer, Suez le fait depuis 50 ans, dans 250 de ses usines dans le monde. Le procédé compte de multiples avantages, notamment celui de la ressource, « qui n’est pas sujette aux aléas climatiques ». Citant l’exemple d’Israël, Sabrina Soussan souligne que quasiment toute leur eau potable vient de l’eau de mer.
En France, il peut s’agir d’une solution d’appoint. Elle précise qu’une partie de cette eau est reversée dans la mer « avec une concentration en sel deux fois plus importante », mais « les normes environnementales permettent de savoir où la renvoyer ». « Cela fonctionne très bien », assure-t-elle.
Béatrice Mouedine