Essence, diesel : La demande de carburants recule en France, un lent déclin

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C’est ce qu’on appelle un signal faible, mais il se passe bien quelque chose : sur les sept premiers mois de 2023, les ventes d’essence ont chuté de 1,7% en France. Ce n’est pas une première, mais on assiste à une tendance de fond difficile à expliquer.

En 2018, la demande en carburant avait baissé pour la première fois. Quatre ans plus tard en 2022, la consommation a reculé de 1,6% par rapport à 2019, l’année de référence, avant que le Covid impacte toutes les statistiques. On est sur une tendance de fond, avec un recul faible, mais réel, de 1 à 2% par an.

Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs dont la part relative est un peu difficile à préciser. L’élément le plus structurant, c’est sans doute que les véhicules sont de plus en plus efficaces. Plus on renouvelle et on rajeunit le parc, moins il consomme de carburant.

Il y a aussi peut-être – de façon un peu plus marginale – l’impact de l’électrification des voitures. Mais attention. Même si environ une voiture neuve sur dix est électrique, le parc existant de voitures n’est au total composé qu’à hauteur de 1,5% de voitures à batterie. Et pour les camions qui consomment beaucoup de diesel, l’électrification n’a pas commencé.

Moins consommer de carburants n’est pas si facile

Enfin il y a peut-être une petite dose de télétravail. Si une bonne partie des salariés ne vont plus tous les jours au bureau, ils consomment forcément un peu moins d’essence. Mais là encore c’est sans doute faible. Le télétravail concerne surtout les cadres, les cols blancs, souvent des actifs plutôt urbains qui peuvent prendre les transports en commun. A la campagne, on télétravaille moins et on a du mal à se passer de la voiture en passant au métro ou au vélo.

Ce recul de la consommation est aussi évidemment lié à une hausse des tarifs. Quand le prix du litre de super comme de diesel dépasse ou s’approche comme en ce moment des 2 euros, il y a sans doute des Français qui essayent de moins consommer. Mais réduire sa consommation est plus facile à dire qu’à faire. On peut la réduire en en allant moins loin que d’habitude en vacances par exemple, mais cela joue peu sur la consommation globale qui est celle du quotidien.

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Les Français changent leurs habitudes d’achat. Ils vont davantage chez TotalÉnergies qui a plafonné le prix du litre à deux euros, et ils font plus souvent des demi-pleins. Juste un point pour terminer et qui mérite d’être souligné. Brûler moins de carburant c’est bon pour la planète. Mais si on veut atteindre les objectifs de décarbonation de notre économie, il faudrait d’ici 2035 que la consommation s’effondre de 40%. Il faudrait qu’elle recule quatre fois plus qu’en ce moment… ce n’est pas impossible mais ce n’est pas gagné.

David Barroux

 

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