Les prix à la pompe flirtent de nouveau avec les 2 euros et pourtant, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a balayé hier la proposition du président LR de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand de réactiver une ristourne de 10 à 15 centimes sur les carburants.
Il l’a jugée irresponsable et on peut difficilement lui donner tort. Alors, évidemment, l’augmentation du tarif du plein pendant l’été est une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Elle vient rogner encore un peu plus le pouvoir d’achat des Français et relance le débat sur le niveau réel de l’inflation supportée au quotidien par les ménages.
Un thème forcément très porteur pour un Xavier Bertrand qui se présente en leader de la droite sociale, proche des classes populaires. Mais le président des Hauts de France se trompe quand il pense, comme d’autres d’ailleurs, qu’une aide générale à la pompe est la solution.
Ces mesures pour le pouvoir d’achat représentent un coût astronomique pour les finances publiques
C’est pourtant ce qu’a fait le gouvernement l’automne dernier, au moment du pic de l’inflation en offrant jusqu’à 30 centimes de rabais aux automobilistes. Et cela avait permis de calmer les esprits.
Avec des effets de bord majeurs qu’il n’est pas inutile de rappeler.
D’abord, parce que ce type de mesures à un coût astronomique pour les finances publiques. En quatre mois environ, elle a coûté 8 milliards à l’Etat. Renouer aujourd’hui avec ce dispositif, même si la ristourne proposée est moins élevée, serait un drôle de signal alors que le gouvernement cherche des économies pour réduire les déficits publics creusés par trois années de politique du quoi qu’il en coûte.
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Mais ces rabais sont aussi un non-sens sur le plan environnemental. Il s’agit en fait de subventions, incitant tous les automobilistes, y compris les plus aisés, à consommer de l’essence quel que soit le prix de marché. C’est pour ces deux raisons que le gouvernement a opté cette année pour un dispositif ciblé, une indemnité carburant de 100 euros destinée 10 millions de foyers fiscaux. Un choix moins spectaculaire politiquement, mais plus efficace et moins coûteux, qu’il sera possible de réévaluer si la flambée estivale des prix du pétrole se poursuit cet automne.