Si l’inflation a fait le malheur des magasin bio, en revanche, elle a aussi fait le bonheur de l’enseigne de grande distribution E. Leclerc, qui approche les 24 % de parts de marché. Au coude à coude avec le groupe Carrefour, la marque bretonne s’est distinguée par une rapide progression sur les 6 dernières années, au détriment des groupes discounts.
Dans la grande distribution, en général le classement entre les différents acteurs évolue peu. L’enseigne E. Leclerc est la numéro un du palmarès des super et hyper marchés depuis qu’elle a doublé le groupe Carrefour en 2017.
Cependant, depuis que l’inflation s’est invitée dans notre quotidien, il est un groupe qui fait mieux que tout le monde, c’est E. Leclerc. La chaîne d’indépendants a gagné un point de part de marché chaque mois depuis 5 mois et le résultat de juillet montre un nouveau bond de 1,4 %. C’est inédit et rare. Résultat, E. Leclerc tutoie désormais les 24 % de parts de marché.
Les groupes discounts Lidl et Aldi sont les premiers à pâtir de la progression de l’enseigne E. Leclerc
E. Leclerc gagne des parts de marché sur tout le monde, pour une raison simple, il a l’image prix la plus agressive et il tient ses promesses. En plus d’acheter peu cher, il vend peu cher et multiplie les promotions.
En 6 ans, la marque a ainsi réussi à creuser l’écart avec le groupe Carrefour mais aussi avec tous les autres groupes. Ce sont surtout Lidl et Aldi qui souffrent de la concurrence de E. Leclerc, les deux discounters allemands qui suivaient une stratégie de montée en gamme.
Ils ont acheté ou ouvert des magasins, rénové les points de vente, amélioré leur offre. Lidl a beaucoup investi dans la publicité. Leur image s’est améliorée et pendant ce temps E. Leclerc a creusé le sillon du casseur de prix en se présentant comme le meilleur bouclier anti-inflation.
Première du palmarès de la grande distribution, l’enseigne E. Leclerc peut être plus compétitive sur les prix
Grâce à sa position de numéro un, E. Leclerc achète plus que les autres et donc peut obtenir de meilleurs prix de la part des fournisseurs. Ensuite, l’enseigne est constitué d’un regroupement d’indépendants.
Les commerçants sont propriétaires de leur point de vente, ce qui signifie que les frais de siège et les coûts de structure sont moins élevés. Les salariés ont aussi en général un peu moins d’avantages. Dans un métier dans lequel les marges sont faibles, c’est important.
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Ensuite, un indépendant tient sa boutique. Il est maître de son approvisionnement, de l’essentiel de ses prix. Il peut s’adapter de façon plus réactive à la concurrence locale. L’indépendant peut aussi se dire qu’il va seulement faire de la marge sur les loyers de sa galerie commerciale et décider de rogner sur ses prix pour maintenir sa part de marché. Il sacrifie le court terme pour le long terme, ce qui est plus difficile pour un groupe coté.