Face à la hausse des prix, des choix s’imposent, et bien souvent, lorsqu’il s’agit d’acheter un produit plutôt qu’un autre, le prix du bio dissuade les consommateurs français. Avec une baisse de 13 %, la situation du marché bio vire à la catastrophe.
En France, le bio passe d’une situation compliquée à une situation franchement catastrophique. Avec la hausse globale des prix, les Français font de plus en plus attention. Ils achètent moins mais ils baissent aussi en gamme, et c’est le bio qui en fait les frais.
En 2022, le marché du bio avait déjà reculé de presque 5 %. Mais depuis le début de l’année 2023, la chute s’accélère. En volume, la baisse est de 13 %. La bonne nouvelle relative pour le secteur est que les prix du bio ont flambé, ce permet de compenser en valeur le recul en volume. On mange moins bio mais on le paye plus cher. Du coup, le marché est une nouvelle fois en recul de seulement 2 % comme en 2002.
Les distributeurs ont réduit de 10 % la part de leurs étalages consacrés aux produits bio
Le bio est entré dans une spirale négative. On a inversé la tendance et une fois que les nouvelles habitudes seront prises par les consommateurs, comme les distributeurs, les industriels et les agriculteurs, il sera plus difficile de revenir en arrière.
En économie, le dicton « on descend par la fenêtre mais on remonte par l’escalier » pourrait s’appliquer à la situation du bio aujourd’hui. Comme le bio se vend moins bien, les agriculteurs vont proposer moins de produits. Le rythme des conversions s’est considérablement ralenti. Par conséquent, les distributeurs eux aussi réduisent la part des linéaires consacrés au bio à une hauteur de 10 % en termes de références, pour pousser vers le haut les MDD (marques de distributeurs) standards que les consommateurs réclament. Cependant, une réduction de l’offre aujourd’hui signifie aussi moins de demande demain.
La tendance pourra-t-elle s’inverser ?
Le bio pourra peut-être rebondir à l’avenir. Mais, dans le contexte actuel de l’inflation, vendre un produit qui coûte 30 % à 50 % plus cher n’est pas gagné d’avance. Surtout que la promesse des bénéfices du bio n’est pas immédiatement mesurable.
La baisse de la quantité de pesticides ne donne pas forcément un meilleur goût. Elle est bénéfique aux sols et à notre santé, mais cela ne se ressent pas tout de suite alors que la hausse des prix, elle, se voit tout de suite dans le porte-monnaie.
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Si le marché recule, le bio ne va pas réussir à devenir plus compétitif. Pour que les prix baissent, il faut des volumes, il faut des économies d’échelles. Aujourd’hui on est en train de faire le chemin dans l’autre sens. Un peu plus de 10 % de nos surfaces agricoles sont bio. Mais si la demande n’est pas là, les paysans vont arrêter de produire pour plus cher des produits qu’ils n’arrivent pas à vendre plus cher.