Être abonné à Netflix, Disney+, Paramount, Apple TV, HBO Max ou encore Canal+ est devenu aujourd’hui aussi banal que d’acheter le journal, voire plus. Mais, menacée par l’inflation, l’ère des services de streaming à petit prix semble toucher à sa fin.
C’est le Financial Times qui a fait les comptes. Si on décide de s’abonner aux cinq à six services de streaming les plus populaires comme Netflix, Disney+, Paramount, HBO Max, Apple TV et quelques autres, on va désormais dépenser en moyenne plus que ce qu’on paye pour les bouquets de câbles qui donnent accès à des centaines de chaînes aux États-Unis.
Au départ, pour se faire une place au soleil et attirer les consommateurs, les groupes de streaming ont tous lancé des abonnements avec des prix d’appel cassés. Mais la période des promotions est terminée. Aujourd’hui, pour avoir une offre audiovisuelle riche, il faut être de plus en plus riche et être prêt à débourser plus de 80 dollars par mois.
Addictives, les plateformes de streaming peuvent désormais augmenter leurs prix
La première raison de cette inflation est la multiplication des services de streaming. Une dizaine d’années en arrière, Netflix était seul sur le marché. Aujourd’hui, le pionnier a de nombreux concurrents et si on veut s’abonner à toutes les plateformes, forcément cela a un coût.
La deuxième raison est qu’on est passé d’un marché de conquête à un marché de fidélisation. Pendant la conquête, pour faire venir des clients qui ne les connaissaient pas, les plateformes n’étaient pas cher.
Mais, une fois que le client est là, les plateformes ont pu se permettre d’augmenter progressivement les prix. Il ne faut pas aller trop vite pour ne pas faire fuir toute sa base d’abonnés. Mais si l’augmentation a lieu par étape, l’organisme conserve ses clients qui sont devenus accros et augmente ses revenus.
Une hausse des prix est risquée pour les acteurs les moins rentables du marché du streaming
Si c’est vrai surtout que dans pas mal de pays, les géants du streaming ont supprimé leurs abonnements les moins chers. Mais ils n’ont pas le choix. À part Netflix, tous les acteurs de ce marché perdent de l’argent. Ils ont bradé leurs contenus et le streaming a tué d’autres sources de revenus comme la vente de DVD ou les ventes de droits aux autres groupes audiovisuels.
Pour s’en sortir, les géants du streaming ont trois options. La première est de lancer des services moins chers mais entrecoupés de publicités qui génèrent des revenus. C’est plus rentable mais pas forcément très populaire auprès des abonnés. La deuxième est d’augmenter leurs prix, ce qui n’est pas très populaire.
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Enfin, la troisième solution est de fusionner ou de rapprocher leurs offres mais aussi de proposer à des groupes du câble ou de la télévision par satellite comme Canal+ ou Amazon Prime Vidéo de devenir des agrégateurs de contenus, c’est-à-dire des groupes qui vendent des bouquets et qui du coup ressemblent finalement aux services du câble historiques dont les acteurs du streaming faisaient leurs ennemis il y a encore peu de temps. Alors que l’offre télé a commencé à se désagréger si les plateformes de streaming deviennent plus chères, il sera peut-être nécessaire de revenir un peu en arrière.