Sur le front de la guerre des frites, la compétition se fait rude. Alors que nos chères patates françaises sont importées aux Pays-Bas et en Belgique pour être réduites en purée et taillées en frites, les investisseurs étrangers, à l’instar du géant canadien McCain, se bousculent pour relancer l’industrie des French Fries, au détriment de groupes français.
Certes, le sujet peut prêter à sourire, mais il est en réalité très sérieux. En France, on ne rigole pas avec la gastronomie et quand on parle de cuisine, on parle souvent de pomme de terre, et de plus en plus de frites.
Les Français adorent la patate. Nos agriculteurs aussi. Mais on vit ce que les spécialistes ont baptisé « le paradoxe des French Fries ». Si la France est la championne du monde de l’exportation de pommes de terre, puisqu’elle exporte presque la moitié de sa production de 7 tonnes par an, en revanche, elle est obligée d’importer des tonnes de frites, signe d’un modèle économique peu viable.
Ce déficit commercial sur le front de la frite est le symbole d’une France industrielle pénalisée par son manque de compétitivité
Ce déficit commercial sur le front de la frite signifie que, quand nous avons de la matière première disponible, nous ne parvenons pas forcément à produire en assez grande quantité le produit final demandé par les consommateurs.
La conséquence est qu’on exporte une matière première agricole à relativement faible valeur ajoutée et qu’on importe des produits transformés à plus forte marge de Belgique et des Pays-Bas.
On contribue à créer une valeur dont l’essentiel est capté par d’autres pays. C’est en résumé le symbole d’une France industrielle pénalisée par le poids de ses charges et son manque de compétitivité.
Des investisseurs belges et canadiens relancent le marché de la frite en France
En économie, la guerre n’est jamais définitivement perdue. Il est toujours possible de se redresser. La bonne nouvelle c’est que la tendance est plutôt positive. On avait déjà depuis des années en France la présence du canadien McCain qui est le champion du monde de la frite. Il a six usines dans notre pays.
Cette semaine un groupe belge a annoncé qu’il allait investir dans une sucrerie pour en faire une usine de transformation et de valorisation de nos patates. Cet investissement ne sera pas un cas isolé car le marché domestique français est en croissance. On mange encore presque 20 kg de patates non transformées et plus de 30 kg de frites, chips, pommes de terre congelées et de purée par an.
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Or, un produit comme celui-là, relativement volumineux et peu cher génère facilement d’importants coûts de transport, ce qui signifie que le fait de produire non loin du lieu de consommation a un sens. Ainsi, il est regrettable que les industriels qui misent sur la France ne soient pas tous Français. Toujours est-il que, tant qu’ils investissent chez nous, c’est un moindre mal, puisque ce phénomène annonce le retour de la French Fry à la maison et des lendemains plus chantants pour notre compétitivité.