Le Budget 2024 a « des chances d’aller dans le bon sens » se félicite l’économiste Jean Pisani-Ferry

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David Abiker reçevait ce mercredi matin l’économiste français Jean Pisani-Ferry, co-auteur d’un rapport en mai dernier sur les incidences économiques de l’action pour le climat. Il livre son analyse sur le projet de loi de finances 2024, en parti inspiré par ses travaux.

L’ancien commissaire général de France Stratégie, professeur d’économie à Sciences Po et à l’Institut universitaire européen, Jean Pisani-Ferry avait participé à la conception du programme économique d’Emmanuel Macron en 2017. Aujourd’hui, il reconnaît au président réélu en 2022 « une remarquable constance ».

Sa ligne est « assez claire », poursuit l’économiste : il constate que « la France souffre d’un problème d’offre et de sous-compétitivité des entreprises », et il veut y remédier. Cela passe notamment par la réforme des retraites qui permet de « relever le taux d’activité des seniors » et de « créer la ressource ».

La France et l’Allemagne, complémentaires économiquement

Aujourd’hui, la dynamique économique est-elle du côté, non plus de l’Allemagne, mais de la France ? En effet, note Jean Pisani-Ferry : « l’Allemagne a les difficultés d’un grand pays exportateur qui dépend du marché chinois », son secteur de la construction « va mal » et politiquement, les membres de la coalition ont « du mal à s’entendre ».  Toutefois, il ne faudrait pas imaginer que la France et l’Allemagne soient opposées dans la réussite économique. Au contraire, nous sommes « très complémentaires », et les deux économies peuvent se porter bien ensemble, souligne l’invité de David Abiker.

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Interrogé sur le budget 2024, dont une partie est censée avoir été inspirée par son rapport, Jean Pisani-Ferry se montre prudent, même s’il concède que « cela a des chances d’aller dans le bon sens ». Il note que les 7 milliards d’euros dégagés correspondent justement à ce qui est nécessaire pour la première année. Mais quid des années suivantes ?

Car il ne faudrait pas sous-estimer la profondeur de la transition écologique, qui nécessite « des investissements massifs » : « c’est une révolution industrielle, beaucoup plus rapide [que celle du 19ème siècle] et davantage pilotée par les politiques publiques, car ce changement n’est pas spontané ».

Béatrice Mouedine

 

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