Un procès historique s’est ouvert hier à Washington. L’Etat américain accuse le géant Google d’avoir violé les règles anti-trust. La bataille s’annonce longue et indécise.
Cela symbolise la riposte des Etats face à la toute-puissance des géants du numérique. Pendant des années, les gouvernements américains ont laissé faire les concentrations, parce que le client y gagnait, avec des nouveaux services peu chers. Et parce que les entreprises américaines y gagnaient.
Google, Apple, Facebook et Amazon ont conquis la planète. On n’allait pas leur mettre des bâtons dans les roues. Jusqu’à ce que la Maison-Blanche dise stop, estimant que ces groupes abusent de leur pouvoir et qu’au final, les prix montent. Un retour de balancier en faveur de la concurrence, donc.
Mais faute d’accord au Congrès, c’est devant les tribunaux que l’affaire va se régler avec ce procès hors normes, le premier d’une telle ampleur depuis celui de Microsoft il y a 25 ans. Si Google est jugé coupable de pratique déloyale, pour favoriser son moteur de recherche, il y aura alors deux options. Soit une simple amende, soit l’obligation de vendre une partie des activités.
Google condamné en Europe à 8M d’euros
Pendant ce temps-là, les Européens avancent. Leur système de régulation est désormais sur les rails. Bruxelles a multiplié les amendes : plus de 8 milliards d’euros en cumulé pour Google. Mais ces enquêtes sont longues et peu efficaces. D’où un changement législatif, avec des nouvelles règles uniques au monde contre les pratiques anticoncurrentielles.
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Elles s’imposent à tous les acteurs du numérique dont le pouvoir de marché est tel qu’ils peuvent barrer le passage à de nouveaux entrants. La liste de ces entreprises a été dévoilée mercredi dernier, avec six mois pour se conformer à la loi. En substance, elles ne pourront plus favoriser leurs propres services. Et Bruxelles pourra contrôler chaque opération de rachat. Alors certes, cela arrive bien tard, et il y aura des recours, mais les Européens disposent enfin d’une vraie arme de dissuasion.
Etienne Lefebvre