Les grandes marques de vêtements à bas prix produisent à des coût toujours plus bas, au mépris de toutes considérations écologiques. La France prépare en ce moment une loi anti fast-fashion.
La fast-fashion est devenue une catégorie à part entière sur le marché de la mode. Cet anglicisme désigne ces chaînes de magasins de textile qui renouvellent ultra rapidement leur offre. Au lieu de chercher des économies d’échelle en vendant le même produit à un maximum d’unités, ces enseignes profitent de l’agilité des producteurs de textile et des progrès de la logistique mondiale pour gagner de l’argent, tout en élargissant leurs gammes et en lançant sans arrêt des nouveautés.
Certains modèles se vendent très bien et d’autres pas si bien que cela, mais peu importe : on génère de l’intérêt via la nouveauté permanente. Et pour vendre en quantité, on casse les prix au maximum. En Europe, le roi de la fast-fashion a longtemps été Zara, qui a ensuite été concurrencé par Primark. Aujourd’hui, les nouveaux acteurs de ce segment ce sont les plateformes de commerce électronique chinoises comme Shein ou Temu.
10% des émissions de gaz à effet de serre
Mais consommer ce n’est pas bon pour la planète. Plus on consomme, et plus on consomme de produits made in China qui sont souvent fabriqués sans vraiment prendre en compte des considérations écologiques. Car plus on importe du bout du monde, et plus cela pollue. On estime que l’industrie textile représente autour de 10% des émissions de gaz à effet de serre.
La production, qui ne cesse de monter, produit aussi des tonnes de déchets, notamment des emballages et des invendus. Des parlementaires proposent donc d’encadrer tout cela. D’abord, en imposant un malus qui pourrait atteindre jusqu’à 50% du prix d’un article avec un maximum de 10 euros.
On pourrait aussi interdire de publicité les enseignes de fast-fashion sur tous les supports, y compris par les influenceurs. Et pour faire le tri entre les « gentils » et les « méchants », on se baserait sur le nombre de nouveaux articles proposés par jour ou par semaine sur les sites ou dans les magasins.
Le prix des vêtements n’a cessé de baisser
On ne peut pas nier que les placards de nombre de personnes sont pleins d’habits qu’ils ont achetés mais jamais portés. Impossible, aussi, de nier que le textile a un impact sur l’environnement. Grâce à la baisse des coûts de production et de transport, le prix des vêtements n’a cessé de baisser malgré l’inflation qui s’applique aux prix en ce moment.
Il n’y a pas de solution miracle pour atténuer les effets négatifs, mais une fois plus, on retombe dans « un problème, une loi ». Cela produit souvent un effet usine à gaz, ce qui n’est pas une bonne solution. En réalité, il existe une demande et une offre. On peut les encadrer, mais le marché trouvera un moyen de contourner les règles.
Une solution à l’échelle européenne ?
On peut également faire monter les prix, mais cela va fragiliser le pouvoir d’achat des plus modestes. Une fois de plus, la France veut éclairer le monde mais elle fait toujours de la surtransposition. Peut-être faudrait-il réfléchir à l’échelle européenne. Par exemple en taxant les importations de produits bas de gamme, la destruction des invendus ou en poussant les industriels et les plateformes à ne pas gonfler leurs stocks. Autant de pistes déjà en partie explorées.
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Il faut aussi entendre l’argument de Shein, qui est peut-être un peu de mauvaise foi mais affirme que l’entreprise produit pratiquement à la commande, ce qui permet d’éviter les invendus et le gâchis. Pour l’instant, le gouvernement a annoncé qu’il soutiendrait ce projet de loi. Attendons de voir les détails avant de porter un jugement définitif, mais restons vigilants.
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