Le Royaume-Uni a rendu hier un dernier hommage à Elisabeth II devant les caméras du monde entier. Après dix jours de recueillement, le pays reprend ce matin une activité normale. Et le retour à la réalité risque d’être difficile.
La période de deuil national pour Elizabeth II va faire basculer le Royaume-Uni dans la récession plus vite que prévu
La disparition de la reine revêt un caractère symbolique fort. Depuis 70 ans, sa présence sur le trône entretenait l’illusion que le passé impérial du Royaume-Uni n’était pas tout à fait révolu. Ce lien est désormais rompu et les Britanniques se réveillent ce matin dans un pays isolé et menacé par des forces centrifuges à l’œuvre en Ecosse et en Irlande du Nord. A court terme, c’est aussi la dégradation de la situation économique et sociale, occultée ces derniers jours, qui va reprendre. La période qui vient de s’écouler n’a rien changé à cet égard. Selon de nombreux économistes, les dix jours de deuil national et la journée de congé accordée pour les funérailles d’Elisabeth II vont même faire basculer le pays dans la récession plus vite que prévu.
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Le plan d’urgence du Royaume-Uni contre la flambée de l’énergie ne suffira pas à faire retomber l’inflation à 10%
La nouvelle Première ministre Liz Truss a certes annoncé le 8 septembre un plan de 150 milliards de livres contre la flambée des prix de l’énergie. Mais il s’agit d’un plan d’urgence qui devrait surtout permettre aux ménages et aux entreprises de payer leur facture d’électricité cet hiver. Cela ne suffira pas à faire retomber une inflation qui culmine autour de 10%, responsable de la baisse du niveau de vie des Britanniques et de la multiplication des mouvements de grève pour les salaires. L’hiver économique et social s’annonce très rude de l’autre côté de la Manche. C’est un véritable baptême du feu pour le roi Charles III et Liz Truss sa première ministre, les deux novices qui dirigent désormais le Royaume-Uni.
François Vidal