« Ne pas mentir au consommateur » : La flambée des carburants est inexorable, selon le président de l’Ufip

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Face à l’explosion des prix des carburants, Leclerc et Carrefour ont annoncé vendre « à prix coûtant » dès ce vendredi. Une initiative à l’effet limité selon le président de l’Union Française des Industries Pétrolières (Ufip). Invité des Voix de l’économie sur Radio Classique, Olivier Gantois assure qu’il y a peu de marges de manœuvre.

Avec un prix de l’essence autour de 2 euros le litre et le gazole à 1,9 euros, chacun tente le maximum pour réduire l’augmentation. Mais « il ne faut pas mentir au consommateur » estime le président de l’Ufip, pour qui les différentes propositions manqueront d’efficacité.

Des mesures ont déjà été mises en place mais l’augmentation semble impossible à réguler, de par sa raison principale : la demande mondiale « a augmenté significativement cette année », de plus de 2 millions de barils par jour. Cela correspond à un rythme supérieur à la période d’avant-covid. « Une mauvaise nouvelle pour la planète et les consommateurs ».

Vendre à prix coûtant, un prix d’appel pour attirer les clients

Si les marges de manœuvres sont limitées, poursuit-il c’est aussi que la distribution de carburants en France est déjà la plus compétitive d’Europe, en raison notamment de la part importante des grandes surfaces dans le secteur (59% de parts de marché).

« Nous ne pouvons rien faire de structuré », indique Olivier Gantois, qui l’a dit à la Première ministre Elisabeth Borne lors de la réunion de mardi. De leur côté, plusieurs enseignes, Leclerc et Carrefour, ont annoncé qu’elles allaient vendre à prix coûtant. Pourquoi ? « C’est un prix d’appel pour attirer les clients, la concurrence est forte et la différence de prix se joue parfois à 1 centime d’écart »

Une enquête sur les marges excessives est en cours

Parmi les autres tentatives pour limiter la casse, TotalEnergies compte prolonger le plafonnement à 1,99 euro en 2024. « Une décision plus sociétale qu’économique », analyse le président de l’Ufip, « pour aider le consommateur français ». Enfin, d’autres pistes sont lancées par le gouvernement pour freiner la hausse des prix : une enquête sur les marges excessives du secteur est en cours, et un rapport sera rendu début décembre.

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« Nous sommes sereins », indique Olivier Gantois, « même si les activités pétrolières ne sont pas régulées, elles sont suivies de très près notamment par la DGCCRF (la direction de la répression des fraudes. Tout est transparent ».

Béatrice Mouedine

 

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