Le Conseil d’orientation des retraites vient de publier ses nouvelles prévisions financières, qui tombent à pic alors que s’ouvre la campagne des législatives et que le Rassemblement national a promis de revenir sur le report de l’âge de départ à 64 ans.
Le RN a même fait de la retraite à 62 ans l’un des piliers de son programme économique s’il accédait au pouvoir. Or, que dit le COR ? Eh bien que notre système de pension va plonger dans le rouge dès cette année et que ce trou va se creuser encore plus que prévu d’ici à 2030.
Il atteindrait 14 milliards à cette échéance, soit deux fois plus que ce qui était anticipé l’année dernière. La faute à l’inflation qui a gonflé mécaniquement la retraite de base et aussi à l’activité économique qui aura été moins dynamique qu’attendu. Pour ne rien arranger, l’organisme, qui ne nous avait pas habitué à une telle transparence, prévient en outre que la situation pourrait être pire encore si les hypothèses de calcul retenues en matière de taux de chômage ou d’amélioration de la productivité devaient s’avérer trop optimistes. Une possibilité qui n’a rien de virtuel.
Ramener l’âge de départ en retraite à 62 ans, une stratégie risquée
Dans ces conditions, on peut tout de même se demander à quoi aura servi la réforme des retraites. En fait, ce que nous disent les chiffres du COR, c’est que la réforme aura été nécessaire mais pas suffisante.
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Nécessaire pour limiter l’ampleur du dérapage des comptes, mais insuffisante au regard des enjeux. En clair, les gestes faits par le gouvernement Borne pour améliorer les petites pensions ou faciliter les départs anticipés ont limité son efficacité financière. Dans ces conditions, on voit bien qu’il serait dangereux voire irresponsable pour l’équilibre des comptes publics de ramener l’âge de départ à 62 ans, comme le propose le parti de Marine Le Pen. Et qu’il faut au contraire commencer à se demander une nouvelle fois comment combler le trou des retraites.
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