Les croisières connaissent un essor inattendu

ADIL BENAYACHE/SIPA

Dans une industrie touristique qui se porte globalement bien, il y a un segment de marché qui se porte encore mieux… c’est celui de la croisière ! Le secteur s’approche même d’un nouveau record cette année.

C’est un secteur que certains avaient un peu vite enterré. Entre le Covid qui avait fait des paquebots géants des nids et des prisons à virus, le surtourisme dont sont victimes les ports dans lesquels ces navires font escale, et les critiques portant sur la pollution de ces brûleurs de mazout, on pouvait se dire que la croisière n’allait pas s’amuser très longtemps. Et c’est exactement l’inverse qui se produit.

On avait déjà battu un record en 2023 avec 31,7 millions de passagers dans le monde. On va approcher les 36 millions cette année et l’industrie vise les 40 millions en 2027. Cela voudra dire 10 millions de plus que les 30 millions du niveau record qu’on avait atteint en 2019 juste avant le Covid.

Un modèle très flexible

Comment expliquer un tel succès ? Voyager et prendre des vacances, c’est devenu un marché mondial. Dans toutes les zones du monde il y a des touristes. Il y a une forte demande et une demande en croissance car le pouvoir d’achat progresse et cela favorise les dépenses de loisirs. Ensuite, la croisière est un produit qui offre un bon rapport qualité-prix pour de nombreux ménages. Les paquebots se sont de vrais villages-vacances qui peuvent proposer des séjours au forfait, où tout est compris ou presque pour des familles. C’est un bon argument.

Autre avantage, les destinations des bateaux peuvent changer et donc adapter leurs routes quand il y a des crises géopolitiques. Cela donne de la flexibilité et de la diversité. On peut rester fidèle à une compagnie de croisière que l’on connaît mais changer de destination. On se renouvelle mais on ne prend pas trop de risque. On peut aussi choisir sa destination en fonction des saisons pour être relativement sûr d’avoir du beau temps. La croisière finalement, c’est rassurant.

Rentable et abordable pour les touristes

La croissance devrait se poursuivre, l’industrie est très confiante. Elle va investir 50 milliards d’ici 2036 dans la construction de 71 paquebots. La flotte mondiale va dépasser les 500 navires. Elle va aussi se verdir et se diversifier. On a d’un côté de plus en plus de giga-paquebots de plus de 7.000 passagers qui vont devoir choisir de mieux en mieux leurs destinations pour faire face aux problèmes de surtourisme mais qui sont à la fois très rentables et très abordables pour les touristes.

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Mais le marché se segmente aussi avec le boom de croisière haut de gamme. On avait déjà le Ponant ou Hurtigrüten. Mais on va avoir les Orient-Express lancés par le groupe Accor et LVMH. Le groupe Ritz Carlton veut aussi ses grands yachts de luxe. MSC Croisières va lancer des navires plus sélects. Et sur ce segment l’accent va souvent être mis, comme sur les deux navires commandés par Orient-Express, sur la voile et le GNL qui est moins polluant.

Sur le premier trimestre de cette année, le marché a enregistré une croissance à deux chiffres.  L’âge moyen des passagers a reculé de 3 ans à 49 ans depuis 2019 : le cliché du « vacances pour retraité » est un peu caricatural. Le contexte est donc très porteur pour la croisière.

David Barroux

 

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