Les Français ont le sentiment qu’ils devront se serrer la ceinture, et cela se ressent dans la grande distribution. Invité des Voix de l’économie sur Radio Classique ce jeudi, le directeur général de PDG de Coopérative U Dominique Schelcher a décrit des consommateurs angoissés par les éventuels projets de hausse d’impôts et de recherche d’économies du gouvernement.
Alors que la mobilisation contre la vie chère fait rage en Martinique, et que le couvre-feu a été décrété par le préfet jusqu’au 21 octobre, l’Etat vient de signer un accord avec les distributeurs pour baisser les prix de l’alimentaire de 20% en moyenne, sur une sélection de produits. « Il est sûr qu’il fallait trouver des solutions pour apaiser la situation. J’espère que ça aura un impact favorable sur la suite », souligne le PDG de Coopérative U, dont un magasin a été incendié lors des émeutes.
Un contexte explosif alors que les députés examinent actuellement en Commission le projet de budget pour 2025. Le gouvernement planche sur toutes les hypothèses pour trouver 60 millions d’euros, et cela pèse sur le comportement des consommateurs, déjà très inquiets depuis le 9 juin : « Il y a un impact sur la consommation depuis la dissolution. […] Les Français sont préoccupés, les Français épargnent, cela s’accélère depuis le mois de juillet exactement. […] ils savent que l’endettement est incroyable, qu’il va falloir trouver des solutions de financement qui vont passer par l’impôt, et donc ils économisent et ils consomment moins ».
« Chercher des baisses là où c’est possible »
L’inflation est retombée en septembre à 1,1% en rythme annuel, le plus bas niveau depuis 3 ans et demi. Un argument que brandira Dominique Schelcher lors des négociations prochaines avec les fournisseurs, pour aller « chercher des baisses là où c’est possible ». « J’entends que ce n’est pas suffisant, malheureusement, on ne reviendra pas aux prix d’avant la crise inflationniste ». S’agissant d’éventuelles réductions de prix pour le début de l’année 2025, le DG de Système U botte en touche : « C’est trop tôt pour vous le confirmer ».
Mais qui dit baisse des prix ne dit pas forcément alimentation de meilleure qualité. Dominique Schelcher est venu présenter le rapport de l’Institut Montaigne sur la fracture alimentaire ; le résultat de 18 mois de travail auquel la plupart des acteurs de la grande distribution ont contribué.
L’alimentation, une variable d’ajustement pour les ménages français
Ce document, pour lequel 100 personnes ont été consultées, confirme que l’alimentation est devenue une variable d’ajustement pour les ménages français, et que la hausse de la consommation de sucre est affolante : « un enfant de 8 ans a déjà mangé autant de sucre que son grand-père dans toute sa vie ». Ainsi, le rapport préconise une aide alimentaire de 30 euros par mois, ciblée uniquement sur les fruits et légumes. Une mesure « 100% financée » par une augmentation de la TVA sur les produits très sucrés, qui passerait de 5,5% à 20%.
A lire aussi
Le patron de PDG de Coopérative U a également réagi aux tergiversations autour des tickets-restaurants, dont l’utilisation en grande surface pourrait être maintenue, ce qui fait grincer des dents les restaurateurs. Dominique Schelcher est logiquement favorable à la pérennisation de cette usage décidé en 2022 face à la baisse du pouvoir d’achat des Français, et qui devait être temporaire. Il propose au passage de les rebaptiser « tickets-repas ».
François Pares et Béatrice Mouedine
Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique
Immobilier : « Un redémarrage au premier semestre 2025 » selon Loïc Cantin, président de la FNAIM
« High Potential » : Avec son remake, la série de TF1 « HPI » part à la conquête des Etats-Unis
Nutella lance une version végétale et promet qu’on ne verra pas la différence
L’or à son plus haut historique : est-il trop tard pour investir dans le métal jaune ?