Baisse du chômage en l’absence de croissance économique : quels sont les risques ?

Mourad ALLILI/SIPA

Le chômage a continué de baisser au deuxième trimestre en France. Le rythme de la décrue de l’activité économique ralentit malgré l’absence de croissance. Ce phénomène conduit-il inexorablement vers une baisse des salaires des travailleurs les plus jeunes et les plus précaires ?

C’est une première dans notre pays. Jusqu’ici, en France, dès que l’activité piquait du nez, le nombre de chômeurs repartait à la hausse. Ce n’est manifestement plus le cas et c’est même l’inverse qui est en train de se produire puisque la légère baisse du chômage observée au 30 juin signifie en réalité que les entreprises continuent d’embaucher à un rythme soutenu, suffisamment en tout cas pour ramener vers l’emploi quelques milliers de chômeurs, et surtout pour absorber les bataillons de jeunes arrivant sur le marché du travail.

À court terme, c’est évidemment une excellente nouvelle. Nous ne sommes pas encore au plein emploi, mais la question du chômage, qui sape le moral des Français depuis trente ans, semble être en voie de résolution. Le problème, c’est qu’elle pourrait être rapidement remplacée par une autre question très épineuse : celle du niveau des salaires.

Le niveau des salaires risque de baisser 

Créer de l’emploi sans croissance revient à partager un gâteau qui ne grandit plus au profit d’un nombre croissant de bénéficiaires, autrement dit, cela revient à baisser les salaires. Toutefois, la France a encore de la marge. Elle a longtemps été la championne de la productivité en Europe.

La résistance actuelle de l’emploi à la croissance zéro est aussi liée à la montée en puissance de l’apprentissage, qui conduit à une dégradation temporaire de la productivité pendant la période de formation. Mais, si on y prend garde, la tendance pourrait bien s’installer.

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Le meilleur moyen de l’éviter serait d’améliorer la formation des Français, et ce, tout au long de leur vie professionnelle, mais aussi au départ, en donnant aux plus jeunes des compétence plus solides et mieux adaptées à l’économie du futur, ce qui passe avant tout par une réforme de l’Éducation nationale, que l’on ne voit pas venir pour le moment.

François Vidal

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