Agriculteurs en colère : Bruxelles promet des garde-fous sur les produits venant d’Ukraine

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La Commission européenne a fait des concessions pour calmer la colère des agriculteurs, notamment sur les importations de denrées ukrainiennes.

Bruxelles arrive enfin à la rescousse, alors que la mobilisation est forte depuis des mois sur le continent. La Commission a lâché du lest sur les fameux 4% de terres devant être mis en jachère. Et elle a promis des garde-fous sur les produits ukrainiens qui, de fait, ont déstabilisé certains marchés depuis l’exemption de droits de douane décidée en 2022 pour soutenir le pays en guerre.

A la différence des accords de libre-échange, accusés de tous les maux aujourd’hui, aucune clause de sauvegarde n’avait alors été prévue, et l’envolée des ventes de poulets, d’oeufs ou de sucre – jusqu’à +1.000% – a fait chuter les cours, les routiers polonais allant jusqu’à bloquer la frontière ukrainienne. A l’avenir, les droits de douane seront rétablis si un marché est perturbé ou si les importations dérapent. Des annonces saluées par la France.

L’Ukraine redoute des problèmes de liquidité

Pour l’Ukraine, en revanche ce risque de perte de revenus survient à un très mauvais moment. Le pays pourrait en effet connaître des problèmes de liquidité dès le mois de mars. La pression est donc énorme sur les dirigeants européens réunis ce jeudi pour aboutir enfin à un accord sur les 50 milliards d’aide prévus sur 4 ans.

Problème : Viktor Orban continue de réclamer un vote à l’unanimité chaque année, et menace d’un nouveau veto, ce qui excède ses 26 partenaires. Ceux-ci pourraient prolonger à la majorité qualifiée le programme d’aide actuel. Mais la portée serait bien moindre.

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Autre dossier urgent : les livraisons d’armes. La capacité de production annuelle des Européens plafonne à 300.000 obus, contre un objectif fixé à 1 million. Français et Allemands se déchirent par ailleurs sur les modalités d’action pour doper les projets, entre aide bilatérale et mécanisme collectif. On peut se montrer plus exigeant sur l’agriculture ukrainienne, à condition d’être à la hauteur sur le soutien militaire. Force est de constater que les Européens sont encore loin du compte.

Etienne Lefebvre

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