Emploi des seniors : De l’obsolescence des compétences aux exigences salariales, quels sont les freins ?

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L’emploi des seniors est au coeur de l’actualité avec des négociations en cours entre syndicats et patronat. Sur ce sujet, la France est loin d’être une bonne élève.

Environ 57% des personnes de 55 à 64 ans travaillaient en 2022 en France, alors que la moyenne est à plus de 60% pour l’Union européenne. On note également un décrochage pour les plus de 60 ans : la France est quasiment deux fois en-dessous du taux européen, 30 à moins de 40%.

Que fait l’autre moitié de la population ? Elle est soit à la retraite pour 40%, soit au chômage pour un peu moins de 6%, et le reste, c’est une population qui est inactive. En France, 16% des personnes âgées de 55 à 69 ans ne sont ni en emploi ni à la retraite.

Qu’est-ce qui explique cette faiblesse du taux d’emploi des seniors en France ? La perte d’employabilité, les exigences salariales – quand on devient senior, on a des revendications et on représente un coût jugé trop important pour les entreprises – et des freins du côté de l’offre d’emploi.

Les plus de 50 ans ne font plus de formations

Une partie des salariés voit sa productivité se dégrader avec l’âge : ce n’est pas systématique mais l’usure physique et psychique peut concerner certains types d’emplois. Cela rappelle d’ailleurs les débats sur la pénibilité lors de la discussion sur la réforme des retraites. On constate également une accélération de l’obsolescence des compétences face à l’évolution des tâches.

Or plus on prend de l’âge, moins on prend le temps de se former, ce qui n’est pas le cas des jeunes générations. A partir de 50 ans, on ne se forme quasiment plus. Il faut repenser la formation continue : il faut de façon préventive fournir une formation aux 55-60 ans qui lui permette de conserver une employabilité.

La discrimination des seniors est difficile à caractériser

Avec le temps, on s’attend à ce que le niveau de salaire augmente. En général, on a une trajectoire salariale qui génère une sorte d’effet de cliquet : on n’a plus tellement envie de prendre le risque de changer d’environnement professionnel car la rétribution financière pourrait être moindre. Et si on fait des réclamations salariales dans une entreprise où on est perçu comme étant moins productif, ça ne va pas fonctionner.

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Les entreprises, anticipant ça, vont finalement faire en sorte que la masse salariale liée à des salaires jugés trop importants par rapport à la productivité diminue. Un équilibre s’effectue : on préfère proposer des mécanismes qui font sortir de l’emploi, ou changer de statut. Il y a aussi la question de la discrimination, plus difficile à caractériser, mais qui commence à faire l’objet de travaux.

Natacha Valla

 

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