La situation est très tendue, elle pourrait rapidement devenir explosive. Car comme souvent dans ce genre de crise éruptive, il n’y a pas un mais plusieurs motifs de mécontentements. Baisse des revenus, inflation des normes et des coûts de production, aléas climatiques, restriction sur l’usage des pesticides, concurrence déloyale, etc…
Le sujet qui a mis le feu aux poudres est différent dans chaque pays, mais partout en Europe les paysans ont le même sentiment. Ils se sentent cernés par les périls sans que personne ne défende vraiment leurs intérêts. Un posture victimaire difficilement compréhensible dans la mesure où la politique agricole commune mobilise près d’un tiers du budget européen.
Dix jours après sa nomination et à cinq mois des Européennes, Gabriel Attal, qui reçoit aujourd’hui les représentants des agriculteurs n’a pas le choix. Il doit à tout prix trouver le moyen d’éteindre l’incendie qui couve.
Le gouvernement mise sur la politique du carnet de chèques
Dès hier, des pistes ont commencé à émerger. Le projet de loi agricole qui devait être présenté mercredi va être retravaillé et l’Etat va mettre la main à la poche pour amortir le choc des épizooties en cours ou financer un fonds garantissant l’accès à l’eau par exemple. En clair, le gouvernement s’en remet à la politique du carnet de chèques, comme d’habitude.
De quoi apaiser les esprits à court terme, mais pas de régler le problème de fond : celui de la transformation à marche forcée d’un secteur agricole poussé pendant des années vers le productivisme en une agriculture moins intensive et plus respectueuse de l’environnement.
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L’ambition est évidemment louable sur le papier, mais elle devrait se traduire par une baisse de 15% de la production agricole européenne et par une explosion des importations de produits alimentaires en provenance de pays beaucoup moins vertueux. Un cocktail détonant dont nous n’avons pas fini de subir les effets sociaux et politiques.
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