L’Allemagne en panne de croissance après 15 ans de prospérité

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L’économie allemande est en panne de croissance. L’an dernier, l’économie allemande a reculé de 0,3%, un cas unique parmi les pays du G7. Est-ce la fin du miracle allemand ?

Ce qui est sûr, c’est que la locomotive de la zone euro connait des ratés. Et cela ne date pas d’hier. En fait depuis la fin de la pandémie, elle fait même du surplace, avec une croissance cumulée inférieure à 1% depuis 2019. La faute à un double choc. Le ralentissement de l’économie mondiale, d’abord, qui pèse sur des exportations, dont dépend 50% du PIB allemand.

L’envolée des prix ensuite, ceux de l’énergie en particulier, qui ont miné à la fois le moral des entreprises et celui des ménages. Pour autant, on aurait tort de considérer que le modèle allemand est obsolète. Même si je sais bien que cette perspective ne chagrinerait pas grand monde en France, tant la qualité des performances économiques de notre voisin depuis le milieu des années 2000 a déséquilibré le couple franco-allemand.

L’Allemagne dispose de formidables réserves économiques

Si son modèle économique est encore valable, c’est pour deux raisons. La première, c’est le recul en cours de l’inflation, qui devrait se traduire par un fort rebond de la consommation dès cette année. Car l’économie allemande est au plein emploi. En conséquence, les salaires vont considérablement augmenter en 2024 dans le sillage de l’envolée des prix redonnant du pouvoir d’achat aux ménages allemands.

La deuxième raison dépend de l’état de santé de l’économie mondiale. Si le rebond attendu est bien au rendez-vous, les voitures et les machines-outils made in Deutschland en profiteront forcément. Mais ce qui rend optimiste surtout, ce sont les formidables réserves dont dispose l’Allemagne pour adapter son économie.

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Quinze années de prospérité quasi-ininterrompues ont rempli les coffres de l’Etat, des entreprises et des particuliers. De quoi financer la transition énergétique tout en affrontant la concurrence croissante des produits manufacturés chinois notamment. A condition bien sûr, que Berlin accepte de dénouer les cordons de la bourse. Ce que la coalition au pouvoir se refuse à faire pour le moment.

François Vidal

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