Colère des agriculteurs : « Le gouvernement espère un règlement du conflit d’ici la fin de semaine » selon Jérôme Jaffré

JEANNE ACCORSINI/SIPA

Le discours de politique générale du premier ministre Gabriel Attal n’a finalement pas été « percuté » par la colère des agriculteurs. « C’est une surprise », a souligné le politologue Jérôme Jaffré ce matin sur Radio Classique. L’invité de David Abiker a livré son analyse de ce rendez-vous républicain traditionnel.

« Gabriel Attal a considéré que son discours devait être général : l’axer sur la crise agricole n’aurait pas permis de faire passer ses messages », pointe le politologue, invité ce mercredi matin de la matinale de David Abiker. C’est aussi un moyen selon lui de montrer que la violence autour de cette crise est « éphémère ».

Il note d’ailleurs qu’en prenant la parole avant son premier ministre, depuis la Suède où il est en visite, Emmanuel Macron a « déblayé le terrain et renvoyé [la question agricole] au niveau européen ». Le gouvernement mise selon Jérôme Jaffré sur un règlement du conflit « d’ici la fin de la semaine ».

« Désmicardiser la société »

Face à des députés très dissipés, le premier ministre a dû élever la voix pour prononcer son discours. « Pourquoi une telle indiscipline dans l’hémicycle ? » s’est étonné David Abiker. Jérôme Jaffré y voit notamment un manque de tension : « c’est une déclaration de politique générale en cours de mandat. Il n’y a pas d’attente très forte ».

Gabriel Attal a affiché son volontarisme en traçant un cap axé sur l’autorité : « tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies » et a promis de « l’action » en s’adressant tout particulièrement aux classes moyennes. Il souhaite « desmicardiser la société » : un axe majeur, selon Jérôme Jaffré, mais très compliqué. « Puisque le Smic suit l’inflation, et qu’il est remonté fortement ces deux dernières années, certains salariés ont été rattrapés ».

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Ainsi, les travailleurs recevant une rémunération juste au-dessus du Smic, et se considérant comme faisant partie de la classe moyenne, sont devenus smicards, ce qui a pu entraîner chez eux « un sentiment de déclassement social ». Or pour le politologue, c’est un enjeu majeur « politiquement et électoralement, ce n’est pas seulement de la gestion » de la part de Gabriel Attal.

Béatrice Mouedine

 

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