Sous-marin Titan disparu : « Beaucoup d’espoir » après les sons entendus à rythme régulier

/AP/SIPA

Pour les 5 personnes présentes à bord du sous-marin Titan, porté disparu depuis le 18 juin dans l’Océan Atlantique alors qu’il explorait l’épave du Titanic, l’espoir renaît. Les coups entendus à rythme régulier sont un « bon signe » selon Michel L’Hour, directeur du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines à l’Unesco.

Il resterait une trentaine d’heures de réserve d’oxygène à bord du Titan. Il y a un peu d’espoir ce matin avec ces bruits détectés, mais vous dites que le principal espoir s’appelle Paul-Henri Nargeolet, votre ami qui est à bord du sous-marin ?

Michel L’Hour : Oui, effectivement, Paul-Henri [grand spécialiste du Titanic] est un type d’un calme et d’une extraordinaire expérience qui est doté d’un vrai courage et de beaucoup de sang-froid. Au fond, je n’ai pas beaucoup d’informations inédites.

Ce qui est intéressant, ce qui doit nous donner en tout cas un peu de courage et d’espoir, c’est la régularité des coups parce que des bruits sous l’eau, on peut en entendre.

« L’acoustique des fonds marins porte les sons très loin »

Souvenez-vous, quand on a cherché l’avion de la Malaysian [disparu en 2014], on entendait des bruits partout et c’est le principe de la mer. L’acoustique porte les sons très loin.

En revanche, pourquoi le sous-marin ne serait-il pas remonté par sa flottabilité à la surface ? Je ne sais pas, mais en revanche, s’il est retombé quelque part sur le fond, on ne va pas taper en permanence, on va taper de manière très régulière, en évitant de s’épuiser, pour éviter de consommer l’air qui est une denrée rare à bord. J’imagine que ça peut être interprété comme un bon signe.

J’avoue que je n’ai pas du tout perdu l’espoir. Depuis hier, j’essaie de dire à tout le monde : “ne parlez pas de ça au passé”. Des informations qui nous parviennent des garde-côtes, tout porte à croire que c’est un signal positif.

La France a dérouté un navire équipé d’un robot sous-marin pour aller à 3.800 mètres de profondeur

Mais entre le moment où vous entendez un bruit, celui où vous localisez l’origine du bruit et que ce bruit s’affirmerait être celui de quelqu’un à bord du sous-marin qui tape de manière régulière, il y a un laps de temps.

Car à coups répétés toute la journée, ça ne servirait qu’à consommer de l’air et à s’épuiser. J’espère simplement que tout ça nous mènera à un heureux dénouement.

La zone de de recherche et de 20.000 km². La France a dérouté le navire Atalante, équipé d’un robot sous-marin pour grande profondeur, qui sera sur la zone ce soir à 3.800 mètres de profondeur. On ne voit absolument rien, c’est très compliqué, d’autant que le temps est compté ?

On le sait depuis la première minute de l’annonce de la disparition de ce sous-marin. Il faut compter 96 heures, pour des gens expérimentés, pour ne pas s’époumoner. On va économiser l’air : comme dans un naufrage, où on économiserait l’eau.

Déployer les moyens de l’Ifremer sont cruciaux, mais peuvent prendre du temps

Il reste que je fonde beaucoup d’espoir sur l’intervention de l’Ifremer, parce que ce sont des gens extrêmement expérimentés. Ils ont des moyens techniques. Mais, déployer ces moyens techniques ne se fait pas rapidement.

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Mais c’est peut-être l’espoir le plus précieux aujourd’hui. La lumière n’aura d’intérêt que lorsqu’on s’approchera de l’engin. Pour l’heure, l’acoustique est évidemment déterminante et le fait de frapper de manière régulière, si c’est ce que nous avons accueilli comme son, est un point positif. C’est un guide absolu pour essayer de géolocaliser l’origine du bruit.

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