Depuis 2015, la mortalité infantile en France est supérieure à ses voisins de l’Union Européenne, à en croire les chiffres de l’INSEE publiés ce mercredi. Alors que la France pouvait se targuer d’afficher un des taux les plus bas au début du siècle, le chiffre n’a cessé de se dégrader.
En 2021, 2.700 enfants de moins d’un an sont décédés et la moitié d’entre eux a vécu moins d’une semaine. Pourquoi cette dégradation ? C’est le constat de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) : depuis 2015, le taux de bébés français morts avant leur premier anniversaire dépasse la moyenne européenne, avec près de 4 bébés sur 1.000 en France contre un peu plus de 3 ailleurs dans l’Union européenne.
On constate donc une situation inverse à celle d’il y a une vingtaine d’années puisque le taux de mortalité infantile français était l’un des plus bas du continent. Alors même si les chiffres restent bas, le constat interroge.
La mortalité infantile en France, une tendance inverse à celle de ses voisins européens
D’après l’INSEE, c’est d’abord parce que le taux de mortalité infantile européen a fortement baissé, notamment grâce aux pays de l’Est. En Roumanie ou dans les Etats baltes par exemple, ce taux a reculé de plus de 60% en 20 ans.
En France, plusieurs tendances expliquent également une situation qui stagne. Les femmes ont des enfants de plus en plus tard, avec un risque de naissance prématurée, et donc de mort néonatale accru. Grâce aux progrès en médecine, des bébés qui seraient morts in utero peuvent aussi naître vivants mais pour quelques jours seulement. Et cela ralentit la baisse du taux de mortalité infantile.
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Selon Santé Publique France, la précarité joue beaucoup dans les morts néonatales, notamment dans les outre-mer, mais aussi en Ile-de-France, avec de plus en plus de mamans sans-abri.
Autre facteur pointé par l’INSEE : le tabagisme maternel reste fort, bien qu’en baisse depuis 20 ans. Pour rappel, il réduit les chances de survie des grands prématurés par rapport aux autres Etats européens.
Lucie Dupressoir
Ecoutez le reportage de Lucie Dupressoir à 1’10 :