Les artisans, compagnons, et experts ont été les témoins privilégiés de cette aventure humaine et scientifique. Pendant ces cinq ans de travaux de restauration, les surprises n’ont pas manqué : la restauration de Notre-Dame a aussi donné lieu à des découvertes scientifiques exceptionnelles.
Stéphanie Duchêne est chimiste, spécialiste de la peinture murale et de la polychromie. Elle travaille au Laboratoire de recherche des monuments historiques. A peine quinze jours après l’incendie de Notre-Dame, elle arrive dans la Cathédrale avec l’impression de rentrer « dans Tchernobyl », évoquant les plus risques de contamination au plomb. Mais ce jour-là, une alerte est donnée parce que « les murs du pignon sud se mettent à bouger », et tout le monde sort en courant. « On sent que rien n’est acquis », résume-t-elle.
Commence alors une course contre la montre : « la police scientifique mène son enquête, et cherche les causes de l’incendie. Elle met de côté tout ce qui ne l’intéresse pas. » Certaines de ces pièces ont une valeur inestimable et n’ont jamais été étudiées : « des poutres calcinées, des moignons de sculptures et des têtes d’anges quasiment entières ». Pour les scientifiques, il faut travailler vite, « sinon tout partait au rebus ».
Le jubé de Notre-Dame, détruit en 1699, est retrouvé
Au cœur de la cathédrale, les scientifiques font une découverte exceptionnelle : le Jubé de Notre-Dame, détruit en 1699. Stéphanie Duchêne décrit « des fragments incroyables », « une fenêtre ouverte sur la peinture et la sculpture médiévale ».
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Elle s’enthousiasme pour « cette densité de couleurs qu’on n’a jamais vue, c’est inédit ! » . Les plus de mille fragments découverts vont être étudiés pendant plusieurs années. Notre-Dame de Paris n’a pas encore révélé tous ses secrets.
Laurie-Anne Toulemont
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