« Un travail inspiré par ma foi »: Pour Notre-Dame de Paris, Jean-Charles de Castelbajac créée de nouveaux vêtements liturgiques

Crédits : Joséphine Day

C’est un moment très attendu des catholiques, des Parisiens et des touristes du monde entier… Dans un mois jour pour jour, Notre-Dame de Paris rouvre ses portes, cinq ans après l’incendie qui a ravagé l’édifice. Du grand orgue à la flèche, le chantier hors-norme pour la restauration de la Cathédrale a réuni de très nombreux artisans mais aussi des artistes de prestige : les vêtements liturgiques pour le diocèse de Paris dans la Cathédrale ont été conçus par le créateur Jean-Charles de Castelbajac.

L’histoire de Jean-Charles de Castelbajac avec Notre-Dame de Paris commence par un déclic. « À 17 ans, je venais de province et je trouvais dans cette immense cathédrale une forme d’intimité », raconte-t-il, se souvenant en particulier d’une relique exposée dans une vitrine, la fameuse tunique de Saint Louis. « Cette toile qui avait survécu à ces siècles et qui avait toujours autant de force, incarnait bien ce que je voulais dire au travers de mon travail de créateur de mode ». 

En 1997, il créé une chasuble pour le Pape Jean-Paul II, que le souverain pontife a porté pour la première fois dans la plus célèbre cathédrale de France. « À sa mort, lorsqu’il [a été canonisé], c’est devenu une relique qui a été sauvée durant l’incendie. C’est comme si j’avais déjà une présence à Notre-Dame ».

Jean-Charles de Castelbajac s’est découvert ambidextre !

Quand le diocèse de Paris lui a demandé de dessiner les vêtements liturgiques pour Notre-Dame, l’inspiration est venue tout de suite : « Je voulais éblouir en toute simplicité. J’ai proposé de travailler sur une croix rayonnante. Je voulais que la croix du 21ème siècle, la croix de Notre-Dame, soit comme une vibration, quelque chose qui envoie des éclats d’espérance, de joie, de partage, de vivre ensemble ». 

Le créateur s’est même découvert ambidextre. « J’ai dessiné cette croix très simple avec mes ciseaux. Ce travail a appelé ma main droite que je n’avais jamais utilisée, et elle s’est mise en marche. C’était la première fois de ma vie que je m’en servais et j’ai semé ces éclats de couleur […] comme nos prières. C’est aussi l’idée d’une église généreuse, ouverte, c’est bien Notre-Dame ». 

Sur une toile de laine sobre, qui reflète le blanc cassé des murs restaurés de la Cathédrale, jaillissent de la croix dorée des éclats de rouge, bleu, vert et jaune… dans le pur style de Jean-Charles de Castelbajac. Il voulait adresser « un signe nouveau aux yeux des jeunes générations, faire en sorte que la spiritualité, que les valeurs chrétiennes soient bien ancrées dans ce 21ème siècle ». 

Une centaine d’artisans ont confectionné les vêtements

Les vêtements liturgiques ont été confectionnés dans un atelier parisien avec plus d’une centaine d’artisans : des brodeurs, des orfèvres, des chapeliers et des couturiers. Plus de 2000 éléments composent la « garde-robe » de 700 célébrants. Jean-Charles de Castelbajac a puisé dans les techniques du sportswear, comme « le flocage sur les sweat-shirts et qui ressemble à du velours ». « La croix d’or aurait pu être brodée, mais non ! Elle est traitée comme sur un t-shirt. Notre-Dame, ce n’est pas un regard vers le passé, c’est appartenir à une longue histoire pour préparer demain », détaille-t-il.

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Comme pour signer son héritage, les vêtements liturgiques portent une étiquette unique, « Jean-Charles de Castelbajac pour Notre-Dame de Paris ». Il se félicite de contribuer au nouveau souffle que demande l’Eglise : « Mes petits-enfants, mes arrières petits-enfants pourront voir le travail que j’ai fait, inspiré par ma foi. C’est très émouvant ».

 

Jean-Charles de Castelbajac a également créé les nouvelles bannières des paroisses de Paris. 120 bannières flotteront aux côtés des anges à la craie que le créateur dessine depuis des décennies sur les murs de la capitale.

Ecoutez le reportage de Laurie-Anne Toulemont :

 

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